À l’approche des fêtes de fin d’année, une tendance inhabituelle marque le marché laitier en Belgique. Contrairement aux années précédentes, les prix du beurre et du lait reculent, rompant avec la tradition des hausses saisonnières observées à cette période.
Selon les données récentes de la fédération belge de l’industrie laitière (BCZ), le prix de gros du beurre a chuté de plus de 34 % en un an. Il s’élève aujourd’hui à environ 509 euros pour 100 kg, contre 776 euros à la même période l’an passé. Cette correction ramène les niveaux à ceux de 2023, après une flambée exceptionnelle observée en 2024. Une dynamique comparable est constatée sur le prix du lait, bien que les chiffres précis varient selon les formes de production et de traitement.

Ce qui explique cette baisse des prix
Cette baisse s’explique par une combinaison inédite de facteurs. La production est en hausse, encouragée par des prix encore élevés à la ferme et un coût de l’alimentation animale resté modéré. Parallèlement, la consommation baisse en Europe occidentale, sous l’effet de la montée en puissance des alternatives végétales. À cela s’ajoute une demande internationale affaiblie, notamment sur les marchés africains qui diversifient leurs sources d’approvisionnement. Le lait européen est désormais considéré comme relativement cher, en particulier en raison des coûts salariaux élevés.
quel impact sur les consommateurs ?
Si les prix baissent à la source, les consommateurs n’en ressentiront les effets que progressivement. Selon les spécialistes du secteur, comme Pierre-Alexandre Billiet, les produits laitiers étant peu transformés, la répercussion sur les prix en rayon peut être plus rapide que pour d’autres denrées. Cela dit, les achats liés aux fêtes – fromages, pâtisseries, crèmes – maintiendront les prix à un niveau élevé en décembre. Une baisse visible pourrait plutôt apparaître dans les premiers mois de 2026.
L’ampleur de cette baisse reste incertaine. Elle dépend du degré de transformation des produits, du poids du lait dans leur prix final, et des politiques tarifaires des distributeurs. Dans un yaourt ou un dessert lacté, le coût du lait ne représente qu’une part limitée du prix payé par le consommateur.
des perspectives encore incertaines
Pour l’instant, aucun signal ne laisse prévoir une remontée rapide des prix. La surproduction actuelle ne devrait pas se résorber à court terme. Selon les projections de l’International Farm Comparison Network, la demande mondiale devrait toutefois augmenter de 15 % d’ici 2035, ce qui pourrait soutenir les prix à moyen terme.








