Préparer sa retraite ? Près d’un Belge sur deux préfère ne rien faire

Malgré une conscience généralisée des limites du système de pension, près d’un Belge sur deux n’a pris aucune mesure, souvent faute de moyens ou d’information.

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Préparer sa retraite
Préparer sa retraite : un Belge sur deux tourne le dos à l’épargne-pension : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Alors que le système de pension suscite de plus en plus d’inquiétudes, les Belges peinent à se mobiliser pour anticiper financièrement leur retraite. La prise de conscience est pourtant bien réelle : beaucoup estiment que leur pension légale sera insuffisante pour maintenir leur niveau de vie. 

Malgré cela, près d’un sur deux n’entreprend aucune démarche en ce sens. Une situation qui s’explique autant par des moyens financiers limités que par un déficit d’information.

Une conscience bien ancrée mais peu d’actions concrètes

Les résultats d’un sondage réalisé pour AG Insurance en mai 2025 auprès de 1 000 Belges âgés de 18 à 55 ans révèlent un paradoxe préoccupant. Bien que la majorité reconnaisse que la pension légale ne suffira pas, près d’un Belge sur deux n’a pris aucune mesure pour compléter ses revenus futurs. Ce chiffre traduit un désengagement massif face à un enjeu pourtant largement anticipé dans le débat public. Les principales raisons invoquées sont les moyens financiers jugés insuffisants, mais aussi une méconnaissance généralisée des solutions disponibles.

Ainsi, 65 % des personnes n’ayant pas commencé à épargner pour leur retraite n’ont jamais cherché d’information sur les options existantes. Plus étonnant encore, une personne sur cinq interrogée ignore jusqu’à l’existence de l’épargne-pension, pourtant l’un des instruments les plus répandus et fiscalement incitatifs pour préparer la retraite. Ce déficit d’information pose un réel problème de sensibilisation et d’accessibilité aux dispositifs de prévoyance.

L’inaction est d’autant plus frappante que les effets à long terme sont déjà perceptibles. En n’adoptant pas de stratégie d’anticipation, ces citoyens s’exposent à une réduction brutale de leur pouvoir d’achat à la retraite, avec des conséquences directes sur leur qualité de vie, voire leur sécurité financière. Le fait que ce phénomène touche principalement les jeunes actifs souligne l’urgence d’une meilleure éducation financière dès l’entrée sur le marché du travail.

Des disparités régionales et des motivations bien identifiées

Chez les Belges qui prennent des mesures pour compléter leur pension légale, l’épargne-pension demeure l’option la plus populaire. Selon le même sondage, 38 % des personnes interrogées déclarent y avoir souscrit. Cette forme d’épargne bénéficie d’un avantage fiscal qui constitue la première motivation des épargnants (57 %), suivie de la conscience que la pension légale sera insuffisante (46 %) et du besoin de sécurité financière (également 46 %).

L’enquête met aussi en lumière des disparités régionales significatives dans le recours à cette solution. En Flandre, 46 % des répondants âgés de 18 à 55 ans détiennent une épargne-pension, contre 30 % en Wallonie et seulement 19 % à Bruxelles. Ces écarts traduisent probablement des différences culturelles et économiques, mais aussi des niveaux inégaux d’information ou d’accès aux services financiers.

Ces chiffres révèlent une situation contrastée : d’un côté, une partie de la population se mobilise efficacement grâce à une meilleure information et des incitations fiscales ; de l’autre, une majorité reste en retrait, faute de moyens ou d’accès aux données nécessaires pour agir. L’action publique pourrait ici jouer un rôle décisif en renforçant la pédagogie autour de la préparation à la retraite, notamment via les canaux digitaux et les campagnes de sensibilisation ciblées.

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