Grève des trains en Belgique : à quoi s’attendre entre le 7 et le 13 septembre ?

Une nouvelle grève du rail est annoncée du 7 au 13 septembre, relançant les tensions entre syndicats minoritaires et direction malgré des négociations en cours.

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Préavis de grève
Préavis de grève déposé : le trafic ferroviaire sera perturbé la seconde semaine du mois de septembre : Crédit : Belga | Econostrum.info - Belgique

Le trafic ferroviaire sera de nouveau perturbé à la rentrée, entre le 7 et le 13 septembre 2025, en raison d’un préavis de grève déposé par deux syndicats indépendants du rail. Cette mobilisation concerne le Syndicat autonome des conducteurs de train (SACT) et le Syndicat indépendant des cheminots (SIC). 

Le mouvement social intervient alors que le rail belge a déjà connu plus de vingt jours de grève cette année, signe d’un climat social tendu. Il vient aussi relancer le débat sur la réforme du secteur ferroviaire en cours de négociation avec le gouvernement fédéral.

Des revendications ciblées dans un climat de tensions récurrentes

Le préavis de grève couvre six jours complets, du dimanche 7 septembre à 22h00 jusqu’au samedi 13 septembre à la même heure. Les syndicats à l’origine du mouvement, bien que minoritaires dans le paysage syndical belge, expriment un mécontentement croissant vis-à-vis des décisions gouvernementales perçues comme défavorables au secteur ferroviaire.

Le SACT, dans un communiqué publié dimanche, dénonce un traitement inégal entre les cheminots et d’autres catégories de la fonction publique. Il cite notamment les avancées obtenues par les magistrats, enseignants, militaires et policiers, alors que le personnel des chemins de fer, selon le syndicat, reste sans perspectives d’amélioration concrète.

Parmi les griefs avancés figurent : le blocage de l’évolution barémique après 29 ans de carrière, l’absence de mesures d’aménagement de fin de carrière pour le personnel roulant et les économies anticipées dans les effectifs et le fonctionnement de la SNCB.

Cette grève s’inscrit dans une série de mouvements sociaux dans le rail belge. Depuis le début de l’année, une vingtaine de jours de grève ont déjà été enregistrés, la dernière en avril. Le malaise perdure, malgré des tentatives de dialogue. Au premier semestre, des négociations avaient été engagées avec Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité, débouchant sur un accord préliminaire entre le gouvernement et les syndicats principaux (CGSP, CSC, SLFP). Mais cet accord a été rejeté fin mai par les membres de ces organisations, relançant ainsi les tensions sociales.

Une grève jugée prématurée par la direction, malgré la poursuite des négociations

Du côté des entreprises concernées, le ton est sévère. Dans un communiqué diffusé samedi, HR Rail, la SNCB et Infrabel qualifient ce préavis de grève de « totalement irresponsable et disproportionné », relate Sudinfo. Selon les directions, les questions soulevées par les syndicats font actuellement l’objet de concertations en cours, qui doivent entrer dans une phase de négociation formelle en septembre au sein du Comité A, une instance bipartite réunissant les représentants du personnel et l’administration.

HR Rail insiste sur le fait que les plateformes de négociation sont toujours actives, et que les syndicats ont la possibilité d’y formuler leurs revendications de manière constructive. L’entreprise regrette des actions qui, selon elle, impactent directement les usagers et nuisent à la confiance dans le service public ferroviaire.

Conformément à la législation belge, un service minimum sera mis en place durant la grève. Les agents sont tenus d’indiquer s’ils entendent travailler ou non, ce qui permet de planifier à l’avance les trains qui seront effectivement en circulation. Si ce dispositif atténue les effets de la grève, il ne suffira probablement pas à éviter des perturbations importantes, notamment pour les navetteurs de la rentrée scolaire et professionnelle.

Par ailleurs, le régime de pension des cheminots continue de faire l’objet de consultations parallèles avec le ministre Jan Jambon (N-VA), autre sujet de crispation. La direction espère encore un retour au dialogue. Une réunion de conciliation est prévue dans les prochains jours, selon la procédure. HR Rail y défendra à nouveau sa position, espérant que le SACT privilégiera la voie du dialogue.

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