En 2030, la Belgique n’arrivera pas à loger tous ses étudiants

La Belgique est confrontée à une pénurie de logements étudiants, avec un déficit prévu de 70 000 kots d’ici à 2030, menaçant l’accessibilité des études.

Publié le
Lecture : 3 min
Pénurie de logement pour les étudiants
Pénurie de logements : trouver un kot en Belgique devient une mission impossible pour les étudiants : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Se loger en tant qu’étudiant devient de plus en plus difficile en Belgique. En 2030, le pays pourrait se retrouver avec un déficit de plus de 70 000 kots étudiants. Cette pénurie grandissante survient alors même que 25 000 nouveaux logements ont été construits ces cinq dernières années. 

Le problème réside dans l’incapacité de l’offre à suivre l’augmentation constante de la population étudiante, exerçant ainsi une pression énorme sur le marché du logement universitaire. Les conséquences de cette situation sont déjà bien visibles dans certaines villes comme Bruxelles et Gand, où l’équilibre entre l’offre et la demande est de plus en plus difficile à maintenir.

Une offre insuffisante face à une demande grandissante

La Belgique connaît une situation particulièrement préoccupante sur le marché du logement étudiant. Malgré la construction de 25 000 nouveaux kots ces cinq dernières années, la demande ne cesse de croître, accentuée par l’augmentation continue du nombre d’étudiants dans le pays. Selon une étude de Kot Kompas et Stadim relatée par RTL info, cette pénurie pourrait atteindre 70 000 kots d’ici à 2030, une estimation alarmante qui reflète bien les difficultés actuelles du secteur.

Dans les grandes villes universitaires comme Bruxelles et Gand, la pression est déjà insoutenable. La croissance rapide de la population étudiante y a engendré un déséquilibre flagrant entre l’offre et la demande. À Bruxelles, par exemple, les loyers des kots étudiants ont considérablement augmenté, atteignant des niveaux qui rendent l’accès à ces logements de plus en plus difficile, même pour les familles à revenu moyen. La construction de nouveaux logements étudiants dans ces zones est jugée trop lente pour répondre à la demande, aggravant ainsi une situation déjà préoccupante.

Grégoire Ranson, directeur de la Plateforme de Logement Étudiant Bruxellois, souligne que l’explosion des prix des kots est une conséquence directe de cette pénurie. Selon lui, le manque de logements abordables risque de rendre l’accès aux études supérieur de moins en moins accessible, ce qui pourrait créer de nouvelles inégalités sociales.

Les pistes proposées pour remédier à la pénurie

Face à cette crise persistante, plusieurs solutions ont été proposées pour alléger la pression sur le marché du logement étudiant. L’étude menée par Kot Kompas et Stadim suggère notamment la création de « villages étudiants », qui pourraient offrir une alternative plus abordable et mieux répartie géographiquement. De plus, la construction de logements modulaires et la promotion de la chambre chez l’habitant sont des pistes qui pourraient permettre de diversifier l’offre de logement et mieux répondre à la demande croissante.

Grégoire Ranson précise toutefois que la réponse ne peut pas se limiter à la simple construction de nouveaux bâtiments. Il appelle à une réflexion plus large sur le modèle de logement étudiant, notamment dans un contexte où les loyers continuent de grimper, atteignant en moyenne 575 euros par mois. À Bruxelles, les loyers peuvent dépasser cette moyenne, mettant davantage sous pression les familles et les étudiants. Pour Ranson, cette crise nécessite des solutions innovantes, adaptées aux nouvelles réalités sociales et économiques des étudiants.

Parmi les solutions évoquées, la chambre chez l’habitant semble offrir une réponse rapide à la pénurie, tout en permettant aux étudiants de trouver un logement à moindre coût. L’étude suggère également de repenser la manière dont les villes universitaires abordent la question de l’hébergement étudiant, en multipliant les options accessibles et en réduisant les barrières à l’entrée pour les étudiants les plus vulnérables financièrement.

La crise du logement étudiant en Belgique est bien plus qu’un simple problème d’immobilier. Elle touche directement la vie des étudiants, leur réussite académique et leur accès à une éducation de qualité. Si aucune solution n’est mise en place rapidement, cette crise pourrait avoir des répercussions importantes sur le système éducatif belge dans les années à venir.

La Belgique doit se préparer à faire face à cette pénurie imminente et mettre en œuvre des politiques de logement plus ambitieuses et accessibles pour éviter que les étudiants ne soient laissés pour compte dans la quête d’un avenir académique et professionnel.

Laisser un commentaire

Share to...