Le malus pension est l’une des mesures phares de la réforme des retraites que le gouvernement prépare pour les années à venir. Ce système, visant à dissuader les départs anticipés à la pension, pourrait avoir des conséquences significatives sur le pouvoir d’achat des travailleurs.
Bien que l’âge légal de départ à la retraite ait été fixé à 66 ans, et augmentera à 67 ans à partir de 2030, beaucoup choisissent encore de partir plus tôt. Dès 2026, cette option pourrait devenir plus coûteuse, notamment pour les personnes ne remplissant pas les conditions d’éligibilité définies par la réforme.
Qu’est-ce que le malus pension et qui sera concerné ?
Le malus pension est une sanction financière appliquée à ceux qui décident de partir à la retraite avant l’âge légal fixé à 66 ans. À partir de 2026, ceux qui choisissent de partir plus tôt verront leur pension réduite, à moins de remplir certaines conditions précises. Pour éviter cette pénalité, les travailleurs devront justifier de 35 années de travail effectif, soit environ 156 jours de travail par an, et un total de 7.020 jours travaillés au cours de leur carrière. Les congés de maternité, les périodes de soins pour les proches, ainsi que les congés de maladie de courte durée, seront pris en compte dans le calcul des années de travail.
En 2023, selon les chiffres officiels, plus de 66.000 personnes ont quitté le marché du travail, et parmi elles, près de 10.000 personnes auraient été frappées par ce malus si la réforme était déjà en place, relate Sudinfo. La mesure aurait concerné une proportion importante de femmes, qui sont souvent plus nombreuses à partir plus tôt, en raison de leur parcours professionnel plus fragmenté, marqué par des pauses liées à la maternité, aux soins familiaux ou à des carrières à temps partiel. Cette inégalité soulève des questions importantes sur les effets différenciés de la réforme selon les groupes sociaux et les sexes.
Les conséquences sociales et économiques de cette mesure
Le malus pension est avant tout conçu comme un moyen de réduire le nombre de départs anticipés et d’augmenter la durée de cotisation avant la retraite. L’objectif est de garantir la viabilité financière du système de pension belge, en réduisant les coûts liés à des pensions versées plus tôt. En effet, les départs anticipés imposent une pression financière importante sur l’État, qui doit financer des retraites pendant une période plus longue.
Cependant, cette réforme pourrait également aggraver certaines inégalités sociales. De nombreux travailleurs, notamment ceux dans des professions pénibles ou ayant des parcours professionnels chaotiques, pourraient se retrouver dans l’impossibilité de travailler jusqu’à l’âge légal de 66 ans. L’augmentation de l’âge de départ à la retraite peut également s’avérer difficile pour ceux dont la santé se dégrade avec le temps, ou pour ceux qui, après des années de travail, éprouvent le besoin de se retirer plus tôt.
Les femmes, en particulier, pourraient se retrouver pénalisées par cette mesure. En raison des interruptions de carrière liées à la maternité ou à la gestion des tâches familiales, elles sont souvent moins nombreuses à avoir accumulé suffisamment d’années de travail effectif pour échapper au malus. Cela soulève la question de la justice sociale, car les femmes sont déjà confrontées à une pension moyenne plus faible que celle des hommes, en raison de leur parcours professionnel souvent plus instable.








