L’introduction d’une nouvelle taxe sur les déchets sauvages en Belgique provoque de vives réactions au sein des secteurs concernés. Cette mesure, découlant de la directive européenne sur les plastiques à usage unique, pourrait ajouter 102 millions d’euros de charges annuelles pour les entreprises actives dans la distribution et l’alimentation.
Bien que la Flandre ait déjà donné son feu vert, les autorités bruxelloises et wallonnes n’ont pas encore pris de décision définitive. Cette taxe est perçue comme excessive, surtout par rapport aux charges similaires imposées dans les pays voisins.
Une taxe jugée bien plus élevée qu’ailleurs en Europe
La proposition de taxe sur les déchets sauvages en Belgique pourrait atteindre un montant annuel de 102 millions d’euros, soit environ 8,7 euros par habitant. Ce montant est largement supérieur à celui pratiqué dans les autres pays européens concernés par la directive sur les plastiques à usage unique, selon Moustique. Par exemple, en France, la taxe s’élève à 2,8 euros par habitant, en Allemagne à 3,2 euros, aux Pays-Bas à 2,45 euros et au Luxembourg à 2 euros. Les fédérations Fevia (représentant l’industrie alimentaire) et Comeos (représentant le secteur du commerce) dénoncent cette mesure comme étant « disproportionnée », surtout dans le contexte économique difficile que traversent les entreprises locales.
Cette taxe découle de la SUP Directive de l’Union européenne, qui impose aux producteurs et distributeurs d’assumer la responsabilité des déchets sauvages générés par certains produits en plastique à usage unique, tels que les emballages de boissons, les mégots ou encore les ballons. Si la Flandre a déjà adopté cette taxe, les gouvernements de Bruxelles et de la Wallonie doivent encore se prononcer. Selon les fédérations, cette charge supplémentaire pourrait avoir un impact considérable sur la compétitivité des entreprises belges, déjà soumises à d’autres frais liés à la collecte et au recyclage des déchets, ainsi qu’à une taxe fédérale sur les emballages de boissons.
Des coûts cumulatifs risquant de pénaliser l’économie belge
Si la nouvelle taxe de 102 millions d’euros est mise en place, le coût total pour les entreprises belges atteindrait 753 millions d’euros par an. Ce chiffre comprend déjà des charges telles que les 300 millions d’euros destinés à la collecte et au recyclage via l’organisme Fost Plus, ainsi que les 351 millions d’euros de la taxe fédérale sur les emballages de boissons. Ce cumul d’impôts et de taxes pèse lourdement sur les entreprises, qui se trouvent confrontées à une pression fiscale particulièrement élevée.
Les fédérations soulignent que cette situation risque de nuire à la compétitivité des entreprises belges, en particulier dans un environnement de plus en plus globalisé. Une autre conséquence redoutée concerne l’impact sur les achats transfrontaliers. En 2024, les Belges ont dépensé 747 millions d’euros dans des achats alimentaires et de boissons à l’étranger, une augmentation de 37 % par rapport à l’année précédente. L’introduction de cette taxe pourrait encourager davantage de consommateurs à acheter à l’étranger, rendant ainsi inefficace la stratégie fédérale visant à réduire ces achats transfrontaliers en baissant la taxe sur les emballages en 2027.
Les fédérations Fevia et Comeos dénoncent aussi un aspect imprévisible du calendrier. Le premier paiement de cette taxe est prévu pour avril 2026, bien qu’elle concernera des produits mis sur le marché en 2025, ce qui pourrait être interprété comme une forme de taxe rétroactive. Par ailleurs, elles soulignent que Fost Plus, l’organisme responsable du recyclage des emballages, pourrait être contraint de supporter des coûts disproportionnés liés aux déchets sauvages.
Une alternative pour un compromis raisonnable
Face à cette situation, les fédérations suggèrent une révision du montant de la taxe. Elles proposent de limiter temporairement la taxe à un niveau plus raisonnable, compris entre 30 et 35 millions d’euros par an, ce qui serait en ligne avec les pratiques des pays voisins comme la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg. Elles insistent également sur la nécessité d’une méthodologie de calcul plus transparente et proportionnée pour rendre cette taxe plus juste et plus efficace. Une telle approche permettrait de respecter les objectifs environnementaux de la directive européenne tout en évitant de pénaliser trop lourdement les entreprises belges.








