Trois ans après la crise énergétique et l’inflation de 2022, la situation financière des familles belges semble s’être légèrement améliorée. L’étude Financial Health 2025, menée par Deloitte et la banque Argenta auprès de 3 000 ménages, révèle un retour progressif à la normalité, bien que l’équilibre financier reste fragile pour une partie importante de la population.
La Wallonie et Bruxelles, en particulier, montrent des signes d’amélioration, mais une proportion significative de foyers reste vulnérable. Ce constat met en lumière une réalité complexe : si l’inflation et les prix de l’énergie ont ralenti, de nombreuses familles continuent de lutter pour maintenir un équilibre financier stable.
Un redressement inégal selon les régions
L’étude Financial Health 2025 révèle que 46% des ménages belges sont désormais considérés comme financièrement « résilients », une nette amélioration par rapport aux 36% de foyers dans cette situation en 2022. Cependant, près de la moitié des familles restent fragiles ou en mauvaise santé financière. L’une des principales raisons de cette résilience inégale se trouve dans les disparités régionales.
En Wallonie, le redressement est particulièrement visible. Le nombre de familles en difficulté a considérablement diminué, passant de 40% à 27%, tandis que la proportion de ménages en bonne santé financière a plus que doublé, atteignant 11%. Cette amélioration est le fruit d’une combinaison de facteurs : la stabilisation des prix de l’énergie, l’indexation des salaires et une gestion budgétaire améliorée. À Bruxelles, la situation s’améliore également, bien que de manière plus modeste. Le taux de ménages en mauvaise santé financière a diminué de 31% en 2022 à 23% en 2025, avec près de 20% des familles affichant désormais une situation financière solide.
En revanche, la Flandre, déjà plus résiliente avant la crise, continue sa progression, mais de manière plus mesurée. Ces différences régionales soulignent l’importance de politiques publiques adaptées aux réalités locales. Le soutien à l’économie locale, les initiatives visant à réduire les coûts d’énergie, et une meilleure planification budgétaire pourraient expliquer en partie ces progrès. Toutefois, si l’on observe une amélioration dans certaines régions, l’équilibre économique reste précaire pour beaucoup, et des efforts supplémentaires sont nécessaires pour maintenir cette tendance.
Les compétences financières : Un facteur clé de résilience
Un autre aspect important de l’étude est la question des compétences financières des Belges. Seuls 32% des personnes interrogées affirment avoir des compétences financières suffisantes, un chiffre inquiétant dans un pays où de nombreux outils pédagogiques sont désormais accessibles. Moins d’un tiers des répondants ont su répondre correctement à des questions basiques sur la gestion d’un budget ou l’épargne. Ce manque de savoir-faire financier constitue un obstacle majeur à la stabilité économique pour de nombreux ménages.
Les célibataires sont particulièrement vulnérables à cette situation : deux tiers d’entre eux restent exposés aux difficultés financières, et seulement 12% peuvent se targuer d’une bonne santé financière. Les jeunes de moins de 35 ans, bien qu’améliorant leur discipline d’épargne, continuent d’afficher des niveaux de vulnérabilité élevés. À l’inverse, les 35-54 ans bénéficient de revenus plus stables et d’une meilleure planification budgétaire, enregistrant des progrès notables.
Les experts mettent en garde contre le fait que, sans un renforcement des compétences financières, une partie de la population risquera de continuer à vivre dans l’incertitude économique. L’éducation financière, bien que soutenue par des initiatives comme Wikifin, reste insuffisante. De nombreuses familles ne sont pas équipées pour naviguer dans un environnement économique de plus en plus complexe. En l’absence d’un investissement significatif dans l’éducation financière, la dépendance aux aléas économiques pourrait se maintenir, voire se renforcer.








