Depuis le début de l’année 2025, la Wallonie connaît une hausse significative de ses loyers, une tendance qui s’inscrit dans un phénomène plus large observé au niveau national. Alors que l’accessibilité au logement reste une préoccupation majeure pour de nombreux foyers, les réformes entreprises jusqu’ici n’ont pas permis de renverser cette dynamique inflationniste.
L’augmentation des loyers s’élève à 6,2% en Wallonie, bien au-dessus de celle observée à Bruxelles et en Flandre. En outre, la crise de l’offre persiste, exacerbée par une demande bien supérieure à l’offre de logements disponibles. Ces évolutions ont des conséquences directes sur le quotidien des ménages, notamment ceux à faibles revenus, qui peinent à accéder à des logements abordables.
La hausse des loyers : un phénomène généralisé en Wallonie
Le baromètre de locations publié par Federia, la fédération des agents immobiliers francophones, met en lumière une augmentation de 6,2% des loyers en Wallonie depuis le début de l’année 2025. Ce chiffre marque un tournant, puisqu’il s’agit d’un des plus forts niveaux de progression depuis le lancement de ce baromètre en 2018. Le loyer moyen en Wallonie atteint désormais 879 euros, un record qui reflète un rattrapage après plusieurs années de stabilité. Il est important de noter que cette hausse concerne uniquement les nouveaux baux signés depuis janvier 2025.
Les provinces de la région sont toutes concernées par cette tendance, avec des augmentations notables dans des zones comme le Brabant wallon, où les loyers ont progressé de 8,4%. À Wavre, une des villes les plus touchées, les loyers ont franchi pour la première fois la barre symbolique des 1.000 euros pour un logement moyen. Cette augmentation se fait également ressentir dans d’autres localités, qui connaissent une pression accrue sur le marché locatif.
Les raisons de cette évolution sont principalement liées à un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande. La réduction des droits d’enregistrement à 3%, qui incite certains locataires potentiels à devenir propriétaires, n’a pas suffi à résoudre la pénurie de logements disponibles à la location. Ce déséquilibre continue de peser sur les prix, créant ainsi une pression haussière sur les loyers, d’autant plus que l’offre demeure insuffisante pour répondre aux besoins des locataires.
La difficulté d’accès au logement pour les ménages à faibles revenus
Le phénomène de l’augmentation des loyers a des conséquences particulièrement graves pour les ménages les plus vulnérables. Ces derniers, souvent caractérisés par un budget limité, ont de plus en plus de mal à trouver des logements accessibles. Dans la capitale, Bruxelles, bien que la hausse des loyers soit plus modérée (+2%), le prix moyen d’un nouveau contrat de location atteint désormais 1.346 euros, soit une augmentation de 26 euros par rapport à l’année précédente. Pour un appartement d’une chambre, le loyer moyen s’élève à 1.082 euros, tandis que pour un deux chambres, il frôle les 1.500 euros.
Des quartiers comme Woluwe-Saint-Pierre, où les loyers ont atteint en moyenne 1.483 euros, témoignent de la flambée des prix. Aucune commune bruxelloise n’affiche plus de tarif moyen sous les 1.000 euros, rendant l’accès à un logement pour les ménages à faibles revenus de plus en plus complexe. Ce phénomène a des répercussions sur la population qui peine à se loger correctement, notamment les jeunes adultes et les familles avec enfants.
L’aspect le plus préoccupant de cette situation réside dans l’accélération de la disparition des logements abordables. Ceux-ci partent rapidement sur le marché, souvent dans des délais très courts, ce qui empêche les ménages à revenus modestes de trouver un logement adéquat. Parallèlement, Federia prévoit une nouvelle hausse des loyers à l’automne 2025, alors que les biens les plus abordables continueront de se raréfier, accentuant ainsi la difficulté de se loger.








