Immobilier : pourquoi les loyers en Belgique ne cessent de grimper

Les loyers en Belgique continuent d’augmenter, rendant l’accès à un logement abordable de plus en plus difficile, notamment à Bruxelles et en Wallonie.

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Immobilier : pourquoi les loyers en Belgique ne cessent de grimper. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La Belgique traverse une période difficile sur le marché du logement. Les loyers, déjà élevés, continuent de grimper, notamment à Bruxelles et en Wallonie, rendant l’accès à un logement abordable de plus en plus complexe pour de nombreux locataires. La tendance observée en 2025 ne laisse guère d’espoir pour une stabilisation de la situation.

Le marché locatif bruxellois a connu une diminution importante du nombre de nouveaux baux en 2025, avec moins de 8.000 contrats signés, contre plus de 10.000 les années précédentes. Bien que cette baisse semble, en surface, indiquer une normalisation du marché, les prix des loyers continuent leur ascension, bien que plus modérée qu’en 2023. La hausse des loyers s’établit à 3,7 % pour 2025, une progression moins forte que celle des années précédentes, mais qui reste significative.

Les appartements, qui représentent environ 85 % du marché locatif bruxellois, ont vu leur prix augmenter de 5,2 % en 2025. Actuellement, le loyer moyen des appartements à Bruxelles atteint 1.330 euros, un montant qui ne cesse de croître dans de nombreuses communes bruxelloises. Jette, Ganshoren et Anderlecht ont franchi la barre symbolique des 1.000 euros de loyer moyen, avec des augmentations dépassant les 10 % en un an dans certains quartiers, rapporte Le Soir.

Loyers
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Wallonie : la tendance s’accentue également

La situation en Wallonie n’est pas en reste. Le Baromètre de locations de Federia a révélé une augmentation de 5,4 % des loyers moyens dans la région. Les loyers moyens ont atteint 888 euros en 2025, un chiffre encore inférieur à celui de Bruxelles mais qui suit une tendance similaire. Les provinces du Hainaut et de Liège ont franchi le seuil des 800 euros de loyer moyen, tandis que le Brabant wallon affiche la hausse la plus importante, avec un loyer moyen de 1.238 euros, en augmentation de 8,3 %.

La disparité entre les provinces de Wallonie demeure importante. Le Luxembourg et le Brabant wallon connaissent des prix plus élevés, tandis que le Hainaut reste relativement plus abordable. Cependant, l’augmentation des loyers touche tous les types de biens, y compris les maisons mitoyennes et les maisons quatre façades.

Les causes de cette hausse : une demande soutenue et une offre insuffisante

Les experts s’accordent à dire que cette hausse des loyers est alimentée par une demande qui reste forte, combinée à une offre qui se réduit. La contraction de l’offre locative s’explique par plusieurs facteurs, dont l’augmentation des coûts de construction, la lenteur de la création de nouveaux logements et la difficulté croissante pour les investisseurs de réaliser des projets rentables. En outre, les politiques publiques n’ont pas permis de relancer l’investissement dans le secteur locatif de manière suffisante pour répondre à la demande croissante.

Charlotte De Thaye, directrice générale de Federia, souligne que « la combinaison d’une demande soutenue et d’une offre qui se contracte continue d’alimenter la hausse des loyers ». Elle insiste également sur le fait que les mesures prises en 2025 pour encourager l’achat immobilier, telles que la réduction des droits d’enregistrement en Wallonie, ont eu peu d’impact sur la situation du marché locatif, qui reste déséquilibré.

Un avenir incertain pour les locataires

La Belgique semble se diriger vers une crise du logement de plus en plus profonde. L’accès à un logement de qualité devient un luxe pour de nombreux ménages, et cela particulièrement dans les grandes villes comme Bruxelles et dans certaines provinces de Wallonie. Le manque d’investissement dans la construction de nouveaux logements, ainsi que la stagnation des politiques publiques concernant le marché locatif, laissent entrevoir un avenir difficile pour les locataires.

Les solutions envisagées pour remédier à cette crise, telles que l’incitation à la rénovation du parc immobilier existant et une simplification des procédures pour la création de nouveaux logements, restent insuffisantes face à l’ampleur du problème. Sans une action plus ambitieuse, l’accès à un logement abordable en Belgique risque de devenir un défi de plus en plus insurmontable pour de nombreuses familles.

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