La relation entre la Belgique et les États-Unis traverse des eaux troubles. Les tensions croissantes ont engendré une prise de conscience chez de nombreux consommateurs belges, qui, désormais, se montrent de plus en plus prudents quant à leurs achats de produits américains. Une récente enquête révèle un changement significatif dans les habitudes d’achat et d’investissement des Belges, avec des répercussions qui vont bien au-delà du simple commerce de biens.
L’enquête réalisée par AG Insurance entre le 30 janvier et le 6 février 2026, et menée auprès d’un échantillon de 1.000 Belges, met en lumière un déclin notable de la popularité des produits américains. Environ un quart des répondants affirment acheter moins de produits en provenance des États-Unis depuis les dernières tensions internationales. Ce chiffre varie cependant selon la région : alors qu’en Flandre, 21,1 % des personnes interrogées font moins d’achats américains, cette proportion monte à 30,6 % en Wallonie, indique Sudinfo. Les produits emblématiques des États-Unis, souvent synonymes de qualité et d’innovation, semblent donc perdre leur attrait dans un climat de méfiance accrue.
Les investisseurs belges tournent le dos aux États-Unis
Un autre aspect intéressant de cette enquête concerne les investissements. Près de 23,6 % des Belges détenant des actions américaines ont réduit leurs investissements dans ces actifs, et environ 22,2 % ont diminué leurs placements dans des fonds d’investissement ou des ETF américains. En outre, 27,7 % des Belges se montrent désormais plus réticents à investir dans le dollar. Cette évolution s’explique en partie par la volatilité politique et économique qui caractérise la relation entre les deux pays, mais aussi par la crainte que cette situation n’affecte la stabilité des marchés.
Les résultats de cette enquête soulignent également une inquiétude généralisée parmi les Belges face aux récents événements internationaux. Environ 90 % des répondants expriment des préoccupations quant à la situation géopolitique actuelle, avec une inquiétude plus marquée chez les Wallons (92,4 %) que chez les Flamands (85,9 %). Cette préoccupation se traduit dans un comportement plus prudent sur le plan économique : 39 % des Belges affirment dépenser moins pour des produits non essentiels, comme les vêtements, tandis que plus d’un tiers (35,1 %) réduisent leurs dépenses pour les vacances. Les Belges semblent donc plus enclins à épargner et à ajuster leur mode de vie face à une instabilité grandissante.
Les entreprises belges doivent-elles prioriser l’Europe ?
Cette prise de conscience s’accompagne d’une réflexion sur la politique économique, notamment en ce qui concerne les investissements des entreprises belges et européennes aux États-Unis. Près de la moitié des personnes interrogées estiment que les entreprises devraient limiter leurs investissements outre-Atlantique, une tendance qui pourrait avoir des conséquences à long terme sur les relations économiques et commerciales entre l’Europe et les États-Unis.
Cette évolution met en lumière la manière dont les tensions internationales influencent non seulement les comportements d’achat mais aussi les décisions d’investissement, montrant une Belgique plus réservée vis-à-vis de son partenaire historique. Le climat d’incertitude pourrait affecter l’avenir des relations commerciales et diplomatiques, avec des répercussions sur les deux côtés de l’Atlantique.








