Des familles touchent jusqu’à 6 000€/mois sans travailler : le gouvernement belge serre la vis

Le projet de loi belge vise à limiter le cumul des aides sociales au sein des familles pour rétablir une plus grande équité sociale.

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cumul des prestations sociales
C’est officiel, la limitation du cumul des prestations sociales au sein d’une même famille est approuvée : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le 18 juillet 2025, un projet de loi du gouvernement belge, soutenu par les ministres Anneleen Van Bossuyt et Frank Vandenbroucke, a été approuvé par le Conseil des ministres. Ce texte vise à limiter le cumul des aides sociales au sein d’une même famille. 

En Belgique, certains foyers, où plusieurs adultes cohabitent, peuvent cumuler les prestations sociales, entraînant des montants parfois considérables. Face à cette situation, les ministres ont décidé de réformer le système afin de rétablir une plus grande équité sociale, particulièrement pour ceux qui sont actifs sur le marché du travail.

Le problème du cumul excessif des aides sociales

Actuellement, le système belge permet aux adultes cohabitants de cumuler leurs aides sociales sans restriction. Cette possibilité a entraîné des situations où certaines familles, vivant sous le même toit, perçoivent des montants mensuels élevés, pouvant atteindre entre 5 000 et 6 000 euros. Ces sommes sont jugées par le gouvernement comme déconnectées de la finalité des aides sociales, qui doivent avant tout soutenir les personnes en difficulté, et non encourager des disparités financières injustifiées.

La ministre de l’Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt, a dénoncé cette situation en affirmant que « l’aide sociale vise à soutenir les personnes dans le besoin » et que le système doit rester « abordable et équitable », rapporte Sudinfo. L’objectif du gouvernement est donc de réduire ces écarts et d’assurer que les aides sociales ne deviennent pas un facteur incitant à l’inaction professionnelle. En ce sens, la mesure vise à rétablir un équilibre plus juste entre ceux qui touchent des allocations et ceux qui luttent chaque jour pour trouver un emploi. En prenant en compte les revenus des cohabitants ainsi que ceux des parents et grands-parents dans le calcul du revenu minimum, cette réforme entend renforcer la cohésion et l’équité au sein des familles bénéficiaires.

Une réforme qui redéfinit la notion de revenu minimum

Le projet de loi va également au-delà du simple cumul des prestations sociales. Il impose que les CPAS (Centres Publics d’Action Sociale) prennent en compte non seulement les ressources des adultes cohabitants, mais aussi celles des autres membres de la famille tels que les parents, enfants majeurs, grands-parents, et même les beaux-parents. L’idée est que lorsque plusieurs adultes partagent un toit, leurs ressources devraient être prises en compte collectivement, car ils partagent également les frais de logement et de vie quotidienne.

Cela signifie que, dans le futur, le calcul du revenu minimum sera plus strict et plus ajusté aux réalités économiques des familles. Le gouvernement estime que cette approche est plus juste et plus réaliste, en éliminant une situation où certains foyers bénéficient de sommes excessives, non justifiées par des besoins réels. Le ministre Frank Vandenbroucke a souligné que cette réforme comble une « lacune » dans le système actuel, dans le but d’assurer que les aides sociales ne servent pas à maintenir une inégalité de situation entre les chômeurs et ceux qui ont un emploi.

Cette modification vise donc à renforcer la solidarité nationale tout en incitant davantage de personnes à s’engager activement sur le marché du travail, plutôt que de s’appuyer sur un système d’aides qui pourrait être perçu comme trop avantageux.

Le projet face à la réalité du marché de l’emploi

Toutefois, cette réforme soulève aussi des questions sur ses effets réels sur le marché de l’emploi. Si la mesure vise clairement à encourager les bénéficiaires des aides sociales à retourner au travail, certains se demandent si cette approche ne risque pas d’accentuer la précarité des plus vulnérables. De plus, bien que l’idée de limiter les cumulés d’aides semble juste, elle pourrait, dans certains cas, négliger les réalités économiques des familles aux ressources modérées.

Dans un pays où le coût de la vie, notamment le logement et les frais de garde d’enfants, est élevé, il est crucial de s’assurer que cette réforme ne mette pas en difficulté encore davantage ceux qui sont déjà marginalisés par le système économique. En fin de compte, la réforme devra être suivie de près pour s’assurer qu’elle ne crée pas de nouvelles inégalités, mais qu’elle permette bien de soutenir les plus fragiles tout en incitant à la reprise du travail.

Le gouvernement belge semble donc sur le point de réformer un aspect important de son système d’aides sociales, dans l’objectif de rendre celui-ci plus équitable et plus conforme aux attentes des travailleurs. Cette mesure, si elle est bien mise en œuvre, pourrait contribuer à une meilleure redistribution des ressources et à une incitation plus forte à l’activité professionnelle.

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