Les licenciements collectifs en Belgique connaissent une montée en flèche, avec près de 5.300 postes menacés au premier semestre 2025. Ce chiffre est le plus élevé depuis 2014, selon les données récentes du Service public fédéral (SPF) Emploi. Ce phénomène touche principalement des secteurs tels que la grande distribution, les transports et l’industrie textile.
Parmi les entreprises concernées, Cora, Eurostar et Balta figurent en tête de liste. Ces licenciements collectifs, largement concentrés dans les premiers mois de l’année, sont symptomatiques d’un contexte économique tendu, où de nombreuses entreprises doivent s’adapter à des défis croissants, souvent dus à une concurrence accrue et à la transition numérique.
Un premier semestre 2025 marqué par des licenciements massifs
Entre janvier et juin 2025, 59 entreprises ont annoncé leur intention de procéder à des licenciements collectifs, affectant un total de 5.290 travailleurs, selon le SPF Emploi. Ce chiffre représente un bond significatif par rapport aux années précédentes, atteignant des niveaux non observés depuis 2014. Parmi ces entreprises, Cora, un acteur majeur de la grande distribution en Belgique, se distingue en annonçant la suppression de 1.777 postes. Cette décision intervient dans le cadre d’une restructuration visant à rationaliser les coûts et à adapter son modèle économique face à une concurrence féroce, notamment celle des géants du e-commerce.
La chaîne de distribution, qui possède sept hypermarchés à Bruxelles et en Wallonie, explique que ces licenciements sont nécessaires pour assurer la pérennité de l’entreprise. Cette décision fait partie d’un plan plus large qui touche non seulement les employés des magasins mais aussi des fonctions support et des services administratifs. Cora, qui fait face à un secteur en transformation, espère ainsi renforcer sa compétitivité et mieux se positionner sur le marché du commerce de détail, fortement impacté par l’évolution des comportements d’achat des consommateurs.
Eurostar, le célèbre opérateur de trains à grande vitesse reliant la Belgique à d’autres grandes villes européennes, a également annoncé la suppression de centaines de postes. En raison de la baisse de la demande liée à des facteurs économiques et aux changements dans les habitudes de voyage, Eurostar a dû réduire ses effectifs pour stabiliser ses finances. Bien que les chiffres exacts n’aient pas été communiqués, des sources proches de l’entreprise évoquent des licenciements touchant plusieurs centaines de travailleurs en Belgique.
Enfin, l’industrie textile, avec Balta, n’est pas épargnée par cette vague de suppressions d’emplois. Ce géant de la production de moquettes et textiles d’intérieur a annoncé la suppression de plus de 1.200 postes. Cette décision résulte d’une baisse de la demande pour ses produits en raison de la concurrence internationale et de la pression sur les coûts de production. Bien que l’entreprise continue de produire une large gamme de produits destinés à différents segments de marché, elle se voit contrainte de rationaliser sa production pour rester compétitive face à des acteurs du secteur textile opérant dans des pays à bas coûts.
L’impact social et économique des licenciements collectifs
Le phénomène des licenciements collectifs en Belgique, bien que touchant différents secteurs, a un impact plus vaste sur l’économie et les travailleurs. Selon les experts, ces vagues de licenciements pourraient aggraver la situation du marché du travail belge, notamment en ce qui concerne le chômage et la précarité professionnelle. En effet, le nombre élevé de suppressions d’emplois au cours du premier semestre 2025 témoigne d’une dynamique préoccupante dans un environnement économique déjà tendu.
Les travailleurs licenciés doivent non seulement faire face à la perte de revenus, mais aussi à la difficulté de retrouver un emploi dans un marché qui offre de moins en moins d’opportunités dans certaines branches. Le secteur de la grande distribution, par exemple, est en pleine évolution, avec un virage numérique qui réduit la nécessité de main-d’œuvre dans certains métiers, notamment ceux liés à la gestion des stocks ou à la caisse.
La reconversion professionnelle est donc devenue un défi majeur pour de nombreux licenciés. Les formations et dispositifs d’accompagnement existants ne suffisent pas toujours à répondre à la demande, et une partie des travailleurs se retrouve dans une situation de précarité. De plus, les entreprises qui recrutent privilégient souvent des profils hautement qualifiés, ce qui exclut une large partie des licenciés du marché de l’emploi.
Les effets économiques des licenciements collectifs ne se limitent pas aux travailleurs directement concernés. Les fermetures d’usines et les réductions d’effectifs entraînent également une baisse de la consommation dans certaines régions. Les entreprises partenaires ou sous-traitantes de ces géants, qui comptent souvent sur leurs commandes, sont aussi impactées par cette situation. Certaines régions, particulièrement celles où les entreprises industrielles sont concentrées, connaissent une chute des revenus, ce qui ralentit le développement local et augmente les inégalités économiques.








