Les marchés européens de l’énergie font face à une flambée soudaine des prix du gaz. Une combinaison de conditions météo extrêmes et de réserves en baisse alimente cette tension.
Le marché européen du gaz connaît une hausse rapide de ses cours depuis le 8 janvier. En moins de dix jours, le MWh de gaz Dutch TTF, référence sur le marché de Rotterdam, est passé de 27,7 euros à près de 42 euros, soit une hausse de 50 %, indique Le Soir. Ce niveau n’avait plus été observé depuis juin 2025. Bien qu’encore éloignés du record de 340 euros/MWh d’octobre 2022, ces chiffres signalent un net retour de la volatilité.
Cette flambée est directement liée aux prévisions météorologiques sur l’Europe. Un rafraîchissement marqué est attendu sur le nord-est du continent, avec un retour du gel sur plusieurs régions. Cette perspective provoque une hausse de la demande anticipée en gaz de chauffage.
Les stocks de gaz en Europe au plus bas depuis 2022
Au-delà des températures, la pression sur les prix s’explique aussi par un niveau de remplissage des stocks historiquement bas. Les réserves européennes sont passées sous la barre des 50 %, un seuil rarement atteint à cette période de l’année. Depuis le début de la décennie, seul l’hiver 2022 avait connu une situation comparable.
Face à ce constat, les marchés, jusque-là relativement stables, ont réagi rapidement. La dépendance de l’Europe aux importations de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment américain, rend l’équilibre plus fragile dès que les flux mondiaux sont perturbés.
Tempête arctique aux États-Unis : effet domino sur les marchés
Le marché américain Henry Hub a lui aussi connu une envolée spectaculaire, passant de 3,1 à 5,55 dollars par million de BTU (MMBTu), soit une hausse de 80 %. Cette augmentation est provoquée par une tempête hivernale majeure qui touche actuellement une large partie des États-Unis, du Texas aux États de la côte Est.
Plus de 175 millions d’Américains sont concernés par des températures ressenties pouvant atteindre –46 °C dans les Grandes Plaines. Le froid extrême génère une demande énergétique massive, mettant sous tension l’ensemble du marché nord-américain. Cette pression se répercute désormais sur les échanges mondiaux, compte tenu du rôle central des États-Unis dans le commerce international de GNL.
Vers un possible rééquilibrage au printemps
Malgré cette flambée, certains analystes tablent sur une accalmie des prix dans les semaines à venir, à condition que les températures se stabilisent. L’entrée en service de nouvelles infrastructures de liquéfaction de gaz aux États-Unis pourrait, à moyen terme, contribuer à renforcer l’approvisionnement mondial et à contenir la volatilité.
Pour l’heure, les marchés restent attentifs à l’évolution des conditions météo et au rythme de reconstitution des stocks européens. En pleine saison hivernale, chaque vague de froid suffit désormais à faire bouger les prix.







