Agriculture : pourquoi le prix des terres agricoles ne cesse d’augmenter en Wallonie

Le prix des terres agricoles a fortement augmenté ces dernières années en Wallonie, une tendance qui transforme progressivement le marché du foncier.

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Terres
Agriculture : pourquoi le prix des terres agricoles ne cesse d’augmenter en Wallonie. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le prix des terres agricoles continue de progresser en Wallonie. Cette tendance, observée depuis plusieurs années, suscite de plus en plus d’inquiétudes dans le secteur agricole. Pour de nombreux exploitants, accéder au foncier devient plus difficile. Les chiffres récents confirment une hausse importante du prix des terrains.

Selon les données de l’Observatoire du foncier agricole, le prix des terres agricoles en Wallonie a augmenté de 51 % entre 2017 et 2024. Sur cette période, cela représente une hausse moyenne d’environ 6,1 % par an. Ces chiffres ont été rappelés par la ministre wallonne de l’Agriculture Anne-Catherine Dalcq lors d’une réponse à une question parlementaire posée par la députée Alice Bernard (PTB).

La Wallonie suit ainsi une tendance observée dans l’ensemble de l’Union européenne. Les dernières données d’Eurostat montrent également une progression marquée du prix des terres agricoles au niveau européen, avec une augmentation annuelle moyenne similaire. Cette évolution confirme l’importance croissante du foncier agricole dans l’économie rurale.

Les prix des terres varient selon les régions

Tous les terrains agricoles ne connaissent toutefois pas la même évolution de prix. Plusieurs facteurs influencent la valeur des terres. La qualité agronomique du sol constitue l’un des éléments déterminants. Les terres situées dans les régions sablo-limoneuses ou dans le Condroz, notamment dans les provinces du Hainaut, de Namur et du Brabant wallon, sont généralement plus recherchées. Elles sont donc souvent plus chères.

À l’inverse, les terres situées en Ardenne ou dans certaines zones de la province du Luxembourg sont souvent moins coûteuses en raison de conditions agricoles différentes. Le type de terrain joue également un rôle. Les terres arables, utilisées pour les cultures, sont généralement plus chères que les prairies, qui peuvent afficher des prix près de 40 % inférieurs, indique la Libre.

Enfin, la proximité de certaines frontières peut également influencer les prix, notamment dans les zones où la demande provenant d’acheteurs étrangers est plus importante.

Un frein pour l’installation des jeunes agriculteurs

La hausse du prix du foncier agricole représente un défi pour de nombreux agriculteurs, en particulier pour les jeunes qui souhaitent s’installer. L’achat de terres constitue souvent un investissement important lors de la création ou de la reprise d’une exploitation agricole. Lorsque les prix augmentent rapidement, le coût d’entrée dans le métier peut devenir difficile à supporter.

Cette situation peut également compliquer la transmission des exploitations familiales, lorsque les jeunes générations souhaitent reprendre l’activité.

Des réflexions en cours au niveau politique

Face à ces difficultés, la ministre wallonne de l’Agriculture a indiqué avoir lancé, depuis novembre 2025, plusieurs groupes de travail réunissant les acteurs du secteur agricole. Ces discussions portent notamment sur l’amélioration du bail à ferme, sur la gestion de la location des terres publiques et sur la définition de la notion d’agriculteur actif. La question du prix des terres agricoles fera également l’objet d’un groupe de travail spécifique.

L’objectif affiché est de faciliter l’accès au foncier pour les agriculteurs qui exploitent réellement les terres, tout en garantissant un cadre juridique stable pour l’ensemble des acteurs concernés. Pour les autorités régionales, le dossier du foncier agricole reste complexe et nécessite un travail approfondi afin de concilier les intérêts économiques, agricoles et juridiques liés à l’utilisation des terres.

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