Le plan du gouvernement pour traquer la fraude sociale en Belgique

Le gouvernement renforce sa lutte contre la fraude sociale en 2026 avec de nouvelles mesures, une meilleure coordination et des moyens accrus de contrôle.

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Le plan du gouvernement pour traquer la fraude sociale en Belgique. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La fraude sociale revient en haut de l’agenda politique. Face à la multiplication des abus, l’État fédéral prépare une série de mesures. Le ton se durcit, la coordination s’intensifie et de nouveaux outils sont annoncés.

La fraude sociale s’installe durablement dans l’agenda politique belge. Le gouvernement fédéral entend intensifier la lutte contre les pratiques illégales dans les domaines du travail non déclaré, des allocations sociales, du dumping social ou encore des fraudes au domicile. Cette volonté a été confirmée lors de la commission des Affaires sociales du Parlement, où cinq ministres étaient auditionnés sur le sujet.

Parmi eux, Rob Beenders, en charge de la lutte contre la fraude sociale, a rappelé que les résultats des contrôles effectués en 2024 avaient déjà permis de récupérer 435 millions d’euros, un chiffre en hausse par rapport aux 385,5 millions de 2023, indique Le Soir. Sur les trois premiers trimestres de 2025, ce sont 280 millions qui sont déjà rentrés dans les caisses de l’État.

Une coordination renforcée pour lutter efficacement contre la fraude sociale

La lutte contre la fraude sociale reste fragmentée entre plusieurs ministères : Emploi, PME, Affaires sociales, Intégration sociale. Le ministre Beenders est chargé de coordonner ces différents volets au sein d’un plan stratégique 2026-2029, en collaboration avec le Service d’information et de recherche sociale (SIRS).

Ce service centralise les données issues des inspections et du Centre de signalement de la fraude sociale. Seuls 27 % des signalements reçus ne donnent pas lieu à un suivi, selon les chiffres avancés.

Des secteurs ciblés et des méthodes affinées

Quatre secteurs concentrent la majorité des infractions constatées : la construction (36 % de contrôles positifs), le transport (17 %), l’horeca (55 %) et le nettoyage (47 %). Un renforcement des équipes d’inspection est prévu : 100 nouveaux équivalents temps plein seront recrutés, contre 74 départs à la pension, ce qui portera le gain net à 26 agents supplémentaires.

Le gouvernement mise aussi sur une utilisation accrue du croisement de données (data mining) pour repérer les fraudes. Un projet nommé Thunder Storm prévoit, par exemple, de croiser les déclarations de chômage temporaire pour intempéries avec les données de l’IRM.

Vers un fichier centralisé des aides sociales

Une autre mesure forte annoncée est la création d’un registre fédéral des aides sociales perçues par chaque allocataire. Cette base de données permettra de détecter plus facilement les cas de fraude. En parallèle, une application mobile sera déployée pour les services d’inspection afin de faciliter la remontée d’informations de terrain.

Des voix se sont élevées à gauche pour dénoncer un déséquilibre dans la lutte contre les fraudes. Marie Meunier (PS), Nadia Moscufo (PTB) et Sarah Schlitz (Ecolo) ont rappelé que la fraude sociale représente environ 400 millions d’euros par an, bien loin des 40 milliards estimés pour la fraude fiscale.

Certaines craintes concernent aussi le risque de précarisation, notamment si les économies budgétaires de l’État conduisent des citoyens vers l’économie informelle, faute d’accès à certains droits ou services.

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