Après l’indexation des salaires du secteur public en mars, de nombreux autres travailleurs belges voient leur rémunération augmenter en ce mois d’avril 2025. Ce mécanisme automatique, déclenché après le dépassement de l’indice-pivot, vise à ajuster les salaires à l’inflation pour préserver le pouvoir d’achat.
Plusieurs commissions paritaires, couvrant différents secteurs d’activité, bénéficient ainsi d’une revalorisation salariale. Cette mesure apporte un soulagement aux employés concernés, bien qu’elle pose aussi des défis pour certaines entreprises.
Quels secteurs bénéficient de l’indexation en avril ?
L’indexation des salaires en avril 2025 touche des centaines de milliers de travailleurs dans plusieurs branches professionnelles. Parmi les commissions paritaires (CP) concernées, on retrouve notamment :
- CP 124 : secteur de la construction
- CP 116 : industrie chimique
- CP 109 : industrie de l’habillement et de la confection
- CP 125 : industrie du bois
- CP 126 : exploitations forestières
- CP 227 : audiovisuel et digital
- CP 132 : travaux techniques agricoles et horticoles
- CP 216 : employés de notaire sous contrat à durée indéterminée
- CP 219 : organismes de contrôle technique
Le secteur du commerce est également impacté. Dans la CP 201 (commerces alimentaires indépendants), l’augmentation est de 2 %, tandis que dans les CP 202 et 202.01 (commerce de détail, supermarchés intégrés ou franchisés), la hausse est de 1 %.
À noter que l’indexation des salaires dans la CP 106.02 (industrie du béton) est toujours en discussion et devrait être appliquée au 1ᵉʳ mai, selon les prévisions de Securex.
Un mécanisme bien accueilli, mais avec des implications économiques
L’indexation automatique est une spécificité belge qui garantit aux travailleurs une protection contre la perte de pouvoir d’achat due à l’inflation. Pour les salariés, cette hausse salariale est une bonne nouvelle, d’autant plus que la vie quotidienne reste marquée par des prix élevés, notamment dans l’alimentation et l’énergie. Avec une augmentation qui varie selon les secteurs, ces ajustements permettent de compenser, au moins partiellement, la pression économique ressentie par de nombreux ménages.
Toutefois, cette augmentation des coûts salariaux pèse sur certaines entreprises, en particulier celles dont les marges sont limitées. Certains employeurs craignent un impact négatif sur la compétitivité et la rentabilité, en raison de l’alourdissement des charges. Les entreprises concernées pourraient être amenées à répercuter ces coûts sur leurs prix de vente, alimentant ainsi une possible spirale inflationniste. Certains experts estiment que l’indexation, bien qu’essentielle pour le maintien du pouvoir d’achat, devrait être accompagnée de mesures de soutien aux entreprises les plus vulnérables.
Malgré ces préoccupations, cette revalorisation pourrait également stimuler la consommation intérieure, en permettant aux ménages d’augmenter leurs dépenses. Un pouvoir d’achat renforcé pourrait ainsi profiter à certains secteurs, notamment le commerce et les services. À long terme, la balance entre hausse des salaires et impact économique reste un enjeu central pour maintenir un équilibre entre protection sociale et compétitivité des entreprises belges.