Les heures supplémentaires volontaires sont souvent présentées comme un avantage pour les travailleurs, permettant une flexibilité accrue et des revenus supplémentaires. Cependant, selon une analyse de la CSC Alimentations et Services, ce système profite davantage aux employeurs qu’aux salariés, en particulier dans le cadre des heures supplémentaires dites « de relance ».
Le système des heures supplémentaires en Belgique est complexe. Les heures ordinaires donnent droit à un sursalaire ainsi qu’à un repos compensatoire, et bénéficient d’une fiscalité avantageuse. Cependant, les heures supplémentaires volontaires sont un autre type de dispositif, introduit en 2017 et 2023, qui limite l’impact financier pour l’employeur. Les heures de relance, qui font partie de ce dispositif, sont exonérées de cotisations sociales, et le travailleur ne reçoit ni sursalaire, ni compensation en nature, rendant ces heures bien moins avantageuses pour lui.
Les heures supplémentaires, un coût réduit pour l’employeur et une perte pour les travailleurs
L’un des principaux arguments avancés par la CSC est que ces heures supplémentaires volontaires coûtent beaucoup moins cher aux employeurs. Par exemple, un salarié avec un salaire horaire de 20 euros qui effectue 10 heures supplémentaires, dans le cadre des heures ordinaires, coûte à l’employeur 348,81 euros. Le salarié perçoit un revenu net de 268,88 euros après déductions fiscales et cotisations. En revanche, avec le système des heures supplémentaires volontaires, l’employeur ne paie que 200 euros, et le salarié perçoit 200 euros nets, sans aucune contribution à la sécurité sociale.
Cette situation bénéficie clairement à l’employeur, qui économise non seulement sur le sursalaire, mais aussi sur les cotisations sociales. Le travailleur, de son côté, perd les avantages sociaux associés aux heures supplémentaires classiques, notamment la prise en compte pour le pécule de vacances et les droits sociaux.
Les dangers d’un système en pleine expansion
La CSC s’inquiète de l’impact à long terme de ce système sur les travailleurs et la sécurité sociale. Si ces heures supplémentaires volontaires continuent à se développer, elles pourraient progressivement remplacer les heures ordinaires, entraînant une réduction des recettes sociales et une diminution des droits sociaux pour les travailleurs.
Bien que le système des heures supplémentaires volontaires semble avantageux pour les employeurs, il pénalise les salariés et prive la sécurité sociale de contributions essentielles. La CSC appelle à une révision du système pour garantir que les travailleurs ne soient pas privés de sursalaire et de droits sociaux, tout en assurant une régulation équitable des heures supplémentaires.








