Les tensions croissantes au Moyen-Orient ont de lourdes conséquences sur l’économie mondiale, et les consommateurs belges commencent à en ressentir les effets. Si les prix des biens de consommation n’ont pas encore flambé, les experts préviennent que des hausses sont à prévoir. Mais dans quelle mesure la guerre affectera-t-elle le panier moyen des Belges ?
Pierre-Alexandre Billiet, CEO de Gondola, estime que l’impact de la guerre sur le panier moyen des Belges devrait être limité à court terme. Selon lui, les hausses liées à l’énergie dans le secteur de la distribution alimentaire pourraient représenter une augmentation de 0,2 à 0,3 % du panier des consommateurs, rapporte DHNet. Cela correspond à quelques dizaines d’euros supplémentaires pour un ménage belge qui dépense environ 6 000 euros par an en alimentation. Cependant, cette prévision concerne uniquement les hausses d’énergie, un facteur parmi d’autres.
Perturbations mondiales et effets indirects
Bien que l’impact immédiat sur les prix alimentaires semble modéré, les conséquences de la guerre se feront sentir indirectement. Les perturbations logistiques mondiales, combinées à la fluctuation des prix de l’énergie, pourraient entraîner un déplacement des marchandises entre les marchés. Par exemple, des produits comme le maïs brésilien ou la viande de poulet pourraient se retrouver sur de nouveaux marchés européens, ce qui risquerait de faire augmenter les prix pour les consommateurs belges.
Des produits spécifiques pourraient être directement touchés par les conséquences du conflit. Selon Billiet, des produits comme les pistaches, le safran ou les figues séchées pourraient devenir plus chers ou moins disponibles sur les étals des magasins. Ces produits, bien qu’étant des articles de consommation marginaux, pourraient entraîner des hausses notables dans certaines catégories de produits importés.
Les effets à long terme de la guerre au Moyen-Orient
L’expert met en garde contre l’instabilité croissante de l’économie mondiale, qui risque d’aggraver les tensions déjà présentes dans plusieurs secteurs. Le changement climatique, qui a déjà contribué à près de 30 % de l’inflation alimentaire récente, représente un autre facteur qui pourrait aggraver les effets de la guerre au Moyen-Orient. Les conditions climatiques extrêmes, telles que les sécheresses ou les inondations, perturbent les récoltes agricoles et augmentent les prix des produits de base.
Si ces facteurs se combinent, les hausses des prix alimentaires pourraient atteindre plusieurs centaines d’euros sur le panier moyen des Belges dans les mois à venir. Cependant, Billiet précise que de telles augmentations ne devraient pas se faire sentir immédiatement, car les effets d’un choc géopolitique prennent généralement plusieurs semaines avant de se refléter dans les chaînes d’approvisionnement.
En résumé, bien que l’impact immédiat de la guerre au Moyen-Orient sur le pouvoir d’achat des Belges soit limité, l’instabilité géopolitique et ses effets indirects pourraient entraîner des hausses de prix dans les mois à venir. Les consommateurs doivent se préparer à des ajustements progressifs des prix, notamment dans certains secteurs sensibles. Les véritables effets seront visibles dans les semaines à venir, et une vigilance est de mise pour anticiper les conséquences économiques à long terme.








