Le lundi 7 juillet 2025, une grève générale des médecins secouera le secteur de la santé en Belgique. C’est un mouvement rare et historique, le premier depuis vingt ans, organisé par l’Association belge des syndicats médicaux (ABSyM).
L’appel à la grève intervient après des mois de mécontentement face à la réforme des soins de santé proposée par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Bien qu’une concertation ait eu lieu, les syndicats ont maintenu leur mobilisation, et les patients doivent s’attendre à d’importantes perturbations dans leur accès aux soins, notamment en matière de consultations et d’interventions programmées.
Les mesures de la grève et leur impact sur les consultations
Ce lundi 7 juillet, les médecins généralistes et spécialistes, qu’ils exercent en cabinet privé ou dans les hôpitaux, ne répondront qu’aux urgences, reportant toutes les autres consultations. L’ABSyM a précisé que le mouvement s’étendra de 8 h à 18 h, mais les répercussions varieront selon les régions et les structures. Du côté francophone, de nombreux cabinets privés fermeront leurs portes, mais la participation au mouvement reste difficile à chiffrer précisément. Des structures locales, comme le Groupement Liégeois des Associations et des Médecins Omnipraticiens (GLAMO), anticipent une large mobilisation, notamment dans la région de Liège, annonce Sudifno. Les médecins se sont engagés à gérer chaque situation au cas par cas, mais les consultations non urgentes devront être reportées.
En revanche, les maisons médicales, qui sont au nombre de 140 en Belgique, ont décidé de ne pas rejoindre la grève et resteront ouvertes normalement. Ces établissements de soins de première ligne pourraient offrir une alternative pour les patients ayant besoin de soins urgents mais non vitaux.
Du côté des hôpitaux, la situation sera plus variable. Si les urgences continueront de fonctionner normalement, de nombreux hôpitaux, comme le CHU de Liège et le groupe santé CHC, verront une forte participation à la grève, ce qui impactera les opérations programmées. Ainsi, au CHU de Liège, 23 % des médecins statutaires seront en grève, mais dans d’autres établissements, la mobilisation pourrait atteindre jusqu’à 90 %. Les hôpitaux ajusteront leurs programmes d’opérations et consulteront les patients pour déterminer si certaines interventions doivent être différées.
Les raisons du mécontentement des médecins et les conséquences de la réforme
Cette grève historique est la conséquence de la réforme des soins de santé lancée par le ministre Vandenbroucke. Bien que l’objectif de la réforme soit de garantir une meilleure équité entre les rémunérations des soignants et de renforcer la sécurité tarifaire pour les patients, les médecins considèrent qu’elle aura des effets pervers. Le plafonnement des suppléments d’honoraires dans les hôpitaux à 125 % et en ambulatoire à 25 % est l’une des mesures les plus contestées. Les médecins jugent que ce plafonnement porte atteinte à leur liberté tarifaire et menace le financement indirect des hôpitaux, qui comptent sur ces suppléments pour maintenir une qualité de soins optimale et investir dans des équipements médicaux modernes.
La réforme prévoit également la suppression du conventionnement partiel, contraignant les médecins à choisir entre un conventionnement total ou aucun. Pour l’ABSyM, cette mesure pourrait avoir l’effet inverse de celui recherché, incitant de nombreux praticiens à se déconventionner, ce qui aggraverait les inégalités d’accès aux soins. Enfin, la possibilité de retirer le numéro Inami aux médecins qualifiés de « fraudeurs » ou « charlatans » est vue par les syndicats comme une approche administrative disproportionnée, les médecins préférant que ces cas soient traités directement en justice.
Les médecins expriment aussi une crainte grandissante d’une étatisation progressive de la médecine, semblable à celle du système de santé britannique, avec des soins de santé à deux vitesses : pour les riches et pour les pauvres. Ce sentiment de déconnexion entre la politique de santé publique et les réalités du terrain explique en grande partie la grève du 7 juillet.








