Fraude fiscale : les balances belges battent un nouveau record en 2024

Si la Belgique connaît une forte augmentation des dénonciations fiscales, le manque d’organisation et de retours pour les dénonciateurs pose des défis considérables pour l’efficacité du système.

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Fraude fiscale
Fraude fiscale : les balances belges battent un nouveau record en 2024 : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

En 2024, la Belgique a enregistré un chiffre record de 3 042 dénonciations de fraudes fiscales, un nombre significativement plus élevé que celui des années précédentes. Ce phénomène traduit une vigilance croissante des citoyens envers les comportements fiscaux suspects, mais met aussi en lumière des limites dans le traitement de ces alertes. 

En dépit de cette forte hausse, les dénonciations restent souvent anonymes et difficilement exploitables par les autorités fiscales. Cette situation soulève des interrogations sur l’efficacité du système de lutte contre l’évasion fiscale et la capacité des administrations à gérer ce flux d’informations.

Un nombre record de dénonciations en 2024 : une tendance confirmée

L’année 2024 a vu un bond substantiel dans les dénonciations de fraudes fiscales, atteignant un chiffre sans précédent de 3 042 notifications reçues par le SPF Finances, d’après L’Avenir. Ce chiffre représente une augmentation par rapport aux 2 496 signalements en 2023, et aux 2 558 en 2022. En comparant ces chiffres avec ceux des années précédentes, on constate une tendance à la hausse : en 2021, seules 2 338 dénonciations avaient été recensées. Le phénomène semble donc prendre de l’ampleur, et cela est particulièrement visible dans des signalements relatifs à des pratiques fiscales douteuses observées chez des voisins, collègues ou même des membres de la famille.

Cette augmentation des dénonciations pourrait être interprétée comme un signe de plus grande vigilance citoyenne et d’une volonté de participer activement à la lutte contre la fraude fiscale. Cependant, il est important de noter que ces dénonciations proviennent en grande majorité de personnes anonymes, ce qui en limite l’impact réel. De plus, la plupart des alertes manquent de précisions concrètes, ce qui rend difficile leur exploitation par le fisc.

Des dénonciations difficilement exploitables : une limite pour les autorités fiscales

Si le nombre de dénonciations a augmenté, il est crucial de souligner que la majorité d’entre elles restent difficiles à exploiter pour les autorités. Selon Florence Angelici, porte-parole du SPF Finances, ces dénonciations sont souvent anonymes et manquent d’informations précises ou de contenu concret, les rendant peu utiles pour les enquêtes fiscales. De plus, l’absence d’un système dédié aux dénonciations fiscales complique encore le traitement de ces signalements.

Contrairement à d’autres domaines, comme la sécurité sociale, où des lignes dédiées et des services d’assistance téléphonique permettent de gérer les signalements, le SPF Finances n’est pas équipé d’un dispositif similaire pour recevoir et traiter les dénonciations fiscales. La porte-parole souligne que les dénonciateurs ne reçoivent aucun retour d’information, ce qui peut décourager certains citoyens d’exprimer leurs préoccupations ou de fournir des informations supplémentaires.

Il faut aussi ajouter que, bien que la Belgique ait mis en place des mesures pour encourager les citoyens à signaler les fraudes fiscales, il reste difficile de récupérer des informations suffisamment détaillées pour mener une enquête en profondeur. Ces difficultés pratiques soulèvent des questions sur l’efficacité du système de lutte contre la fraude, notamment en ce qui concerne le rôle des citoyens dans la détection des abus.

Les autorités belges sont donc confrontées à un double défi : d’une part, une augmentation des dénonciations qui montre une volonté des citoyens de participer à la lutte contre la fraude, et d’autre part, des difficultés majeures pour traiter efficacement ces alertes. Le manque de structures adaptées et la nature souvent imprécise des signalements rendent le travail des inspecteurs fiscaux plus complexe et moins productif.

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