Les frais scolaires dans l’enseignement qualifiant, notamment dans les filières techniques et professionnelles, deviennent une source d’inquiétude grandissante pour de nombreuses familles belges. Les parents d’élèves doivent en moyenne dépenser plus de 400 euros en début d’année scolaire, rien que pour l’outillage et l’équipement de protection, une dépense qui vient s’ajouter aux frais scolaires classiques.
Ces coûts, en constante augmentation, pèsent lourdement sur les familles issues de milieux modestes, qui représentent une grande majorité des élèves de ces filières. Ce phénomène soulève des questions sur l’accessibilité de l’éducation et sur l’égalité des chances dans l’accès à la formation professionnelle.
L’augmentation des frais dans l’enseignement qualifiant : un défi pour les familles
Dans l’enseignement qualifiant, les coûts associés à l’achat de matériel spécifique et d’équipements de protection représentent un défi de taille pour les familles, en particulier celles à faibles revenus. Selon une étude de la Ligue des familles, publiée récemment, les élèves inscrits dans ces formations doivent débourser en moyenne plus de 400 euros en début d’année scolaire uniquement pour des outils et équipements spécialisés. Ces frais sont élevés pour des familles qui, souvent, peinent déjà à couvrir les coûts scolaires traditionnels, comme les livres et le matériel pédagogique.
Parmi les équipements nécessaires, les parents doivent acheter des casques de soudure à 90 euros, des chaussures de sécurité à 100 euros, des couteaux de cuisine en hôtellerie, des tenues de salle, ou encore des ciseaux à bois pour la filière construction. En coiffure, l’achat d’un sèche-cheveux, d’un lisseur ou de brosses représente également un coût supplémentaire non négligeable. Selon Merlin Gevers, chargé d’études à la Ligue des familles, « Cela chiffre très vite ». Ces frais deviennent encore plus contraignants pour les familles dont les enfants grandissent rapidement, nécessitant un renouvellement annuel des équipements.
À ces coûts d’outillage s’ajoutent les frais scolaires « classiques » qui, selon la Ligue des familles, peuvent s’élever à environ 300 euros pour des achats de fournitures standard (livres, cartables, etc.). Si l’élève doit aussi acheter du matériel plus coûteux comme un ordinateur, le montant des frais scolaires peut dépasser les 700 euros. Dans certains cas, en tenant compte de l’achat de matériel informatique spécifique pour des options comme l’infographie, l’enveloppe globale des frais peut dépasser les 1 000 euros par an.
L’accessibilité à l’enseignement qualifiant : un enjeu social majeur
Une autre dimension importante de cette problématique réside dans le profil des élèves qui fréquentent les filières qualifiantes. En effet, ces formations accueillent une majorité d’élèves issus de milieux socio-économiques modestes. Parmi les 30 % des élèves de 16 ans les plus précaires en Belgique, 50 % sont inscrits dans des filières techniques ou professionnelles. Cette réalité soulève des questions sur l’accessibilité à la formation et sur l’équité du système éducatif belge.
Pour ces élèves, les frais associés à l’enseignement qualifiant deviennent un obstacle majeur à l’accès à une éducation de qualité et à des perspectives professionnelles. Dans ces filières, l’équipement est indispensable à la pratique des métiers, ce qui rend la situation encore plus complexe. De plus, ces familles ont souvent peu de recours pour alléger cette charge, mis à part les aides sociales limitées qui existent. Ainsi, l’écart entre les élèves issus de milieux modestes et ceux de milieux plus favorisés se creuse davantage, alimentant un cercle vicieux de désavantages sociaux.
Un autre aspect crucial réside dans l’informatique, avec des frais supplémentaires non négligeables. En infographie, par exemple, les étudiants doivent acheter des logiciels coûteux comme la suite Adobe Creative Cloud Pro, qui peut atteindre 426,84 € par an après la première année. De plus, l’achat d’un ordinateur, en plus des frais liés à la maintenance et à l’accessibilité aux ressources numériques, constitue une charge supplémentaire pour ces familles.
Vers une meilleure prise en charge des frais scolaires dans l’enseignement qualifiant
Face à cette situation, plusieurs pistes d’amélioration sont à envisager. Si certaines aides financières existent, elles ne sont pas toujours suffisantes et souvent non adaptées aux spécificités des formations qualifiantes. Il devient urgent de mettre en place des dispositifs d’aide plus ciblés et plus accessibles pour les élèves de ces filières. L’instauration de bourses spécifiques pour couvrir ces frais d’équipement ou la création de fonds d’entraide pour les élèves des filières qualifiantes pourrait permettre de pallier en partie ce manque de soutien.
Une autre solution serait de réévaluer les exigences en matière de matériel dans certaines formations. Une réflexion sur la mutualisation du matériel ou la mise en place de prêts d’équipements pour les étudiants pourrait réduire l’impact financier pour les familles. De plus, des partenariats entre écoles et entreprises pourraient permettre de soutenir les élèves dans l’achat de matériel, tout en favorisant une meilleure intégration des jeunes dans le monde du travail.








