Les formations vers les métiers en pénurie : une fausse solution ?

Les jeunes diplômés des métiers en pénurie en Wallonie peinent à s’intégrer sur le marché du travail, confrontés à des conditions de travail difficiles et une concurrence accrue.

Publié le
Lecture : 2 min
métiers en pénurie
Les formations vers les métiers en pénurie : une fausse solution ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Une étude récente remet en question l’efficacité des formations orientées vers les métiers en pénurie en Wallonie. En dépit des efforts pour combler ces postes vacants, les jeunes diplômés des filières concernées ne s’intègrent pas plus rapidement sur le marché du travail que ceux des autres formations.

L’institut Wallon IWEPS a suivi le parcours de 7 650 jeunes ayant terminé leurs études secondaires dans des filières qualifiantes, techniques et professionnelles. Parmi eux, 2 200 avaient choisi des formations menant à des métiers en pénurie. L’étude a révélé que, malgré cette spécialisation, ces diplômés ne parviennent pas toujours à trouver un emploi plus rapidement ou de manière plus stable que leurs pairs issus d’autres filières. Ce constat met en lumière les failles d’un système censé combler les nombreux postes vacants dans des secteurs clés.

Bernard Conter, de l’IWEPS, explique que plusieurs facteurs expliquent cet échec apparent. Tout d’abord, une partie des jeunes diplômés choisit de se réorienter vers d’autres secteurs, déçus par les conditions de travail et les contrats précaires proposés dans certains métiers en pénurie. En outre, un autre obstacle majeur réside dans les exigences élevées des employeurs, qui attendent souvent plusieurs années d’expérience, ce qui dissuade les nouveaux diplômés de postuler.

Cette situation est d’autant plus complexe que ces jeunes se retrouvent en concurrence avec des diplômés ayant des niveaux d’études supérieurs, comme des bacheliers ou des diplômés universitaires, qui cherchent également un emploi.

Les jeunes diplômés hésitent à rejoindre les métiers en pénurie

Le rapport met également en évidence que les jeunes des filières qualifiantes font face à une forte concurrence sur le marché de l’emploi, d’autant plus que la plupart des métiers en pénurie, tels que ceux dans le secteur de la construction ou de la santé, sont peu rémunérés ou offrent des conditions de travail difficiles. Les jeunes diplômés, dans leur majorité, préfèrent des emplois plus stables et mieux rémunérés, ce qui freine leur entrée dans ces secteurs.

L’étude recommande aux employeurs d’assouplir leurs exigences et de proposer des contrats plus stables pour rendre ces métiers plus attractifs. Selon l’IWEPS, les entreprises doivent également repenser leurs attentes et envisager des solutions pour rendre les métiers en pénurie plus accessibles aux jeunes diplômés, tout en améliorant leurs conditions de travail.

Laisser un commentaire

Share to...