L’Espagne, destination touristique phare des Belges, fait face à une explosion du nombre de visiteurs, en particulier en 2025. Le pays méditerranéen, qui a enregistré un record de 94 millions de touristes en 2024, voit dans ce tourisme de masse une menace pour son environnement et son bien-être social.
Pour y répondre, les autorités espagnoles ont mis en place de nouvelles règles visant à limiter les excès liés à cette forte fréquentation. Ces mesures touchent plusieurs aspects du séjour, de la taxe de séjour à l’alcool, en passant par l’utilisation des résidences secondaires.
Les taxes de séjour : des augmentations prévues pour 2025
L’une des nouvelles règles les plus marquantes concerne la taxe de séjour, un impôt souvent perçu par les municipalités auprès des voyageurs séjournant dans des hébergements touristiques. En Catalogne, et plus particulièrement à Barcelone, la taxe de séjour pourrait doubler avant fin 2025, atteignant ainsi un maximum de 15 euros par nuit pour les visiteurs, a rapporté Le Soir. Cette hausse a pour objectif de financer des initiatives visant à résoudre la crise du logement dans la région. À Barcelone, le tourisme est devenu un enjeu social majeur, alimentant des manifestations récurrentes contre les effets du surtourisme, comme l’envolée des prix de l’immobilier.
Les îles Baléares, une autre destination populaire, sont également sur le point d’adopter une augmentation similaire. Bien que le sujet soit encore en débat, la taxe pourrait passer de 4 euros à 6 euros par personne et par nuit, en fonction du niveau de qualité de l’hébergement choisi. Ces taxes sont destinées à alléger la pression exercée par un tourisme qui génère une forte demande d’infrastructures et de services. Les autorités locales justifient ces augmentations comme une manière de mieux répartir les bénéfices du tourisme tout en protégeant les résidents.
Nouvelles amendes et réglementations : un contrôle accru des comportements des touristes
En plus des augmentations fiscales, l’Espagne a durci certaines réglementations concernant le comportement des touristes. Plusieurs infractions pouvant entraîner des amendes considérables sont désormais sous surveillance dans les régions touristiques. Par exemple, la consommation d’alcool dans la rue, notamment en Andalousie, Catalogne, Baléares et Canaries, est désormais interdite. Les amendes pour cette infraction peuvent atteindre 3 000 euros en cas de comportements excessifs.
D’autres comportements sont également sous le feu des projecteurs. À Majorque et Barcelone, les visiteurs qui se promènent en maillot de bain ou torse nu en dehors des plages peuvent se voir infliger une amende allant jusqu’à 3 000 euros. Fumer sur les plages est également désormais interdit sur plus de 100 plages, avec des amendes pouvant atteindre 1 700 euros. Par ailleurs, certaines pratiques comme l’urinage en mer, notamment dans des villes comme Vigo ou Marbella, peuvent entraîner une amende allant jusqu’à 750 euros. Les autorités espagnoles mettent ainsi en place un ensemble de règles destinées à maintenir l’ordre et à protéger les lieux publics, tout en limitant l’impact des comportements nuisibles liés au tourisme de masse.
Résidences secondaires : une réglementation plus stricte
En matière de logements, l’Espagne a également introduit de nouvelles règles concernant les résidences secondaires. Afin de lutter contre la flambée des prix de l’immobilier et d’assurer une plus grande accessibilité au marché pour les Espagnols, le gouvernement a mis en place des restrictions pour les propriétaires de résidences secondaires. Désormais, toute personne souhaitant louer sa propriété à des fins touristiques devra obtenir l’approbation de deux tiers des copropriétaires de l’immeuble. Ceux qui avaient déjà des autorisations légales avant le 3 avril 2025 pourront continuer à louer, mais les autres risquent de se voir infliger des amendes si elles ne respectent pas les nouvelles conditions.
Ces réglementations visent à encadrer les pratiques des investisseurs étrangers et des propriétaires de résidences secondaires qui louent leur bien sans respecter les normes locales. L’objectif est de garantir une offre de logements suffisante pour les résidents permanents tout en régulant l’activité touristique pour qu’elle ne perturbe pas la vie des locaux.
Collecte de données personnelles : un nouvel enjeu pour les établissements touristiques
Un autre changement notable concerne la collecte de données personnelles par les établissements touristiques. Depuis décembre 2024, tous les hébergements en Espagne doivent recueillir des informations détaillées sur leurs clients. Cela inclut des informations telles que le nom, prénom, nationalité, et même des détails sur le mode de paiement utilisé. Ce décret vise à mieux gérer l’afflux de touristes, mais aussi à renforcer la sécurité et le contrôle des flux touristiques. Bien que cette réglementation soit justifiée par des raisons de sécurité, elle soulève des interrogations sur la protection des données personnelles et le respect de la vie privée des voyageurs.
L’ensemble de ces mesures marque un tournant dans la manière dont l’Espagne régule le tourisme. Ces règles cherchent à rendre l’expérience touristique plus équilibrée et à préserver les ressources locales tout en garantissant une meilleure qualité de vie pour les résidents permanents.








