La fin des allocations de chômage en Région bruxelloise va toucher un grand nombre de bénéficiaires dans les années à venir. En effet, entre janvier 2026 et juillet 2027, ce sont environ 42 000 personnes qui perdront leurs droits aux allocations.
Les chiffres publiés par Actiris, et rapportés par la RTBF, révèlent qu’une large majorité des fins de droit concerneront des chercheurs d’emploi relativement jeunes ou en âge intermédiaire. En effet, parmi les 42 000 personnes, 36 000 perdront leurs allocations dans les sept premiers mois de 2026. Ce chiffre impressionnant indique que la transition vers la fin des droits se fait rapidement, avec des conséquences sociales notables pour les personnes concernées. Les chercheurs d’emploi les plus affectés sont ceux disposant de qualifications inférieures, avec une majorité d’hommes dans cette catégorie. Cependant, des différences marquées apparaissent entre les hommes et les femmes.
Des disparités entre hommes et femmes dans les fins de droit
Bien que la répartition entre les hommes et les femmes soit relativement équilibrée en termes de nombre total, des disparités frappantes apparaissent selon les profils. Par exemple, les femmes sont plus présentes dans la catégorie des chercheurs d’emploi diplômés de l’enseignement supérieur, représentant 54 % des personnes dans ce cas. En revanche, les hommes sont plus nombreux parmi les chercheurs en fin de droit non qualifiés, qui représentent 60 % des profils les moins qualifiés. Cette différence pourrait accentuer les inégalités économiques et sociales, notamment pour les femmes qui, en raison de leur statut de cohabitantes ou de cheffes de ménage, sont déjà plus vulnérables.
L’impact de cette fin des droits pourrait se traduire par une précarisation accrue des femmes, notamment celles qui, déjà en situation fragile, devront se tourner vers les CPAS pour subvenir à leurs besoins. De plus, une sortie des radars institutionnels est également à craindre. En effet, les femmes, plus souvent cohabitantes ou cheffes de ménage, pourraient se retrouver davantage dans des situations invisibilisées, sans accès à un soutien social adapté.
Les risques d’exclusion sociale liés à la fin des allocations de chômage
Cette réforme risque d’exacerber les inégalités sociales et de creuser davantage le fossé entre les différentes catégories de chercheurs d’emploi. Si les hommes sont majoritairement affectés dans les catégories les moins qualifiées, les femmes, souvent plus éduquées mais dans des situations socio-économiques complexes, pourraient voir leur situation se détériorer. La transition vers les CPAS pourrait devenir une réalité pour beaucoup, sans véritable accompagnement.
La réforme des allocations de chômage à Bruxelles est donc bien plus qu’une simple question administrative. Elle soulève des enjeux sociaux de grande envergure, particulièrement en ce qui concerne les femmes. Dans un contexte où les inégalités de genre restent un problème majeur, cette réforme pourrait intensifier la précarité de certaines catégories de la population, tout en rendant plus difficile leur insertion sur le marché du travail. La question reste ouverte : comment accompagner ces 42 000 personnes et éviter qu’elles ne sombrent dans l’exclusion sociale ?








