En Belgique, la fécondité poursuit sa baisse tandis que les comportements parentaux évoluent. L’âge de la maternité progresse et les repères traditionnels reculent. Cette tendance soulève des enjeux sociaux et démographiques croissants.
Selon les données publiées par Statbel, l’office belge de statistique, l’indice conjoncturel de fécondité est tombé à 1,44 enfant par femme en 2024, contre 1,6 en 2021. Cette diminution s’inscrit dans une tendance prolongée, éloignant encore un peu plus la Belgique du seuil de renouvellement des générations, généralement fixé à 2,1 enfants par femme.
La baisse n’est pas homogène. Bruxelles affiche l’indice le plus bas avec 1,34, alors que la Flandre atteint 1,48, légèrement au-dessus de la moyenne nationale. Ces disparités régionales peuvent refléter des différences dans les politiques locales, l’accès aux services de garde, les niveaux de vie ou encore les structures familiales.
L’âge moyen des mères ne cesse d’augmenter
L’âge moyen à la maternité continue lui aussi de progresser. En 2024, les femmes accouchent en moyenne à 31,4 ans. Cet âge était de 29,7 ans en 2004. Le recul de l’âge de la première maternité s’explique par de nombreux facteurs : poursuite d’études plus longues, insertion professionnelle tardive, instabilité économique, mais aussi transformation des priorités personnelles.
Ce report de la maternité est désormais une réalité durable, avec des conséquences sur la démographie, la santé périnatale et l’organisation des services liés à la petite enfance.
Moins de mariages, plus de naissances hors union
Autre changement notable, moins de la moitié des naissances en Belgique ont désormais lieu dans le cadre du mariage. En 2024, seulement 45,6 % des enfants sont nés de parents mariés, contre 53,5 % dix ans plus tôt. Le tournant statistique s’est produit en 2015, quand les naissances hors mariage ont pour la première fois dépassé celles enregistrées dans un cadre conjugal.
Cette évolution illustre une transformation des normes sociales, avec une diversification croissante des formes de parentalité et une déconnexion progressive entre conjugalité et filiation.
Une évolution de la fécondité comparable à d’autres pays européens
La situation belge s’inscrit dans une dynamique plus large observée dans de nombreux pays d’Europe occidentale. L’évolution de la fécondité et de l’âge à la maternité pose des questions en matière de soutien aux familles, de politique sociale, et de planification à long terme dans les domaines de l’éducation, de la santé et du logement.








