Une étude récente de Belfius Research révèle une réalité préoccupante pour les retraités belges : la moitié d’entre eux dépensent environ 30 % de plus que ce qu’ils reçoivent en pension légale. Si cette tendance est en partie liée aux habitudes de consommation des premières années de la retraite, elle soulève des questions cruciales sur la durabilité de leurs finances à long terme.
L’étude de Belfius Research, réalisée sur les données de 270 000 retraités en 2024, montre que la pension légale médiane en Belgique n’est souvent pas suffisante pour couvrir les besoins quotidiens des retraités. En effet, dans le Brabant wallon, cette différence est la plus marquée, avec des retraités dépensant jusqu’à 48 % de plus que leur pension légale. Cette situation s’explique en grande partie par une consommation élevée dans les premières années suivant la retraite, lorsque les loisirs et les voyages occupent une place prépondérante.
Au fil du temps, ces dépenses diminuent, et les retraités commencent à consacrer davantage d’argent aux besoins liés à leur habitation et à leur confort quotidien. Cependant, avec l’âge, les frais médicaux et de santé augmentent, ce qui génère une nouvelle pression sur leur budget.
La réponse financière : les revenus complémentaires
Face à cette différence entre les revenus et les dépenses, de nombreux retraités belges doivent se tourner vers des sources de revenus complémentaires pour combler le fossé. Selon l’étude, ces revenus proviennent souvent d’épargnes, d’investissements personnels ou d’assurances de groupe accumulées pendant la période active. Ces solutions permettent de maintenir un certain niveau de confort, mais elles ne sont pas accessibles à tous, et leur utilisation diminue avec l’âge.
Belfius souligne que le besoin de ces revenus complémentaires diminue progressivement après 75 ans. En effet, à partir de cet âge, les dépenses sont généralement moins élevées, en grande partie parce que les loisirs et les voyages sont réduits, et les retraités se concentrent davantage sur leurs besoins fondamentaux. Par ailleurs, à l’âge de 95 ans, les dépenses se rapprochent du montant de la pension légale, réduisant ainsi le besoin d’ajouts financiers supplémentaires.
Des disparités géographiques dans les habitudes de consommation des retraités
L’étude de Belfius met également en évidence des disparités géographiques dans les habitudes de consommation des retraités. Par exemple, dans le Hainaut, les retraités dépensent en moyenne 21 % de plus que leur pension légale, ce qui révèle un mode de consommation plus modeste, avec une dépendance accrue à la pension légale. Ce phénomène contraste fortement avec le Brabant wallon, où les dépenses sont bien plus élevées, ce qui suggère un mode de vie plus orienté vers les loisirs et le confort.
Cette étude pose la question de la durabilité du système de pension en Belgique, notamment face aux besoins croissants des retraités. Si une partie d’entre eux parvient à maintenir un niveau de vie confortable grâce à des revenus complémentaires, tous ne disposent pas de la même capacité d’épargne ou d’investissement. Il devient donc essentiel que les politiques publiques abordent ces disparités et offrent des solutions pour assurer une sécurité financière à long terme pour les retraités, en particulier ceux qui dépendent largement de leur pension légale.








