Depuis quelques années, les prix de l’électricité connaissent une volatilité accrue en Belgique. L’une des évolutions les plus marquantes est l’apparition de périodes à prix négatifs, principalement dues à l’augmentation de la production d’électricité via des énergies renouvelables, comme les panneaux photovoltaïques.
Ce phénomène est désormais bien présent, particulièrement sur le marché « day-ahead », où les prix de l’électricité pour le lendemain sont négatifs à certaines heures. Cette tendance se confirme avec l’année 2025, marquée par une multiplication des heures à prix négatifs par rapport à l’année précédente.
L’augmentation des heures à prix négatifs sur le marché « day-ahead »
Le marché « day-ahead » concerne les prix de l’électricité qui seront appliqués pour le lendemain, un système utilisé pour planifier la consommation d’électricité à l’échelle nationale. Selon la Febeg, la fédération des fournisseurs d’électricité et de gaz, le nombre d’heures à prix négatifs a presque doublé en 2025 par rapport à 2024. En effet, durant les quatre premiers mois de l’année, il y a eu 366 heures avec des prix négatifs, un chiffre déjà proche des 404 heures enregistrées pour toute l’année 2024. Cette tendance montre que la Belgique connaît de plus en plus de périodes où la demande est inférieure à l’offre, en particulier en raison de l’augmentation des capacités de production photovoltaïque.
Les prix négatifs se produisent principalement lorsqu’une surproduction d’électricité, souvent causée par des journées ensoleillées, dépasse la demande. Dans ce cas, pour équilibrer l’offre et la demande, les producteurs sont contraints de vendre leur électricité à un prix inférieur à zéro. Concrètement, cela signifie que les consommateurs peuvent théoriquement recevoir de l’argent pour consommer de l’électricité pendant ces périodes. Si cette tendance se confirme, les consommateurs pourront potentiellement réaliser d’importantes économies, mais cela nécessite un ajustement de leur comportement de consommation.
Les prix dynamiques : une option de plus en plus accessible mais risquée
Si les prix négatifs peuvent offrir une occasion d’économies, d’autres mécanismes tarifaires plus complexes, tels que les prix dynamiques, sont également en plein développement. Les prix dynamiques, où le tarif de l’électricité fluctue selon l’offre et la demande en temps réel, sont déjà proposés par des fournisseurs comme Luminus, Octa+ et, bientôt, d’autres opérateurs comme Engie et Eneco. Ces tarifs, qui varient toutes les heures, offrent aux consommateurs une possibilité de réduire leur facture si leurs habitudes de consommation s’alignent avec les périodes les moins chères.
Cependant, l’option des prix dynamiques peut comporter des risques. En effet, si le consommateur ne maîtrise pas son utilisation de l’électricité en fonction de ces fluctuations, il peut se retrouver à payer plus cher pendant les périodes de forte demande, notamment en hiver ou lors des pics de consommation. Ainsi, bien que les prix dynamiques puissent offrir des avantages économiques dans des conditions spécifiques, ils nécessitent une gestion rigoureuse de la consommation. De plus, la transition vers ces grilles tarifaires reste encore limitée dans certaines régions, bien que des développements soient attendus dans les prochains mois.
Les relevés de consommation en « quart horaires » permettent désormais aux fournisseurs de mieux suivre et adapter les facturations en fonction des périodes de consommation exactes. Ces relevés, désormais possibles grâce aux compteurs communicants installés par Ores et Resa, ouvrent la voie à un suivi plus précis et à une gestion plus fine des prix dynamiques. Cependant, la question demeure : les consommateurs sont-ils prêts à s’adapter à ces nouveaux tarifs ? Certains experts restent sceptiques quant à l’intérêt de ces offres pour le grand public, selon Sudinfo.
Dans l’ensemble, l’essor des prix négatifs et des prix dynamiques pourrait être bénéfique pour ceux qui savent adapter leur consommation d’électricité. Toutefois, cela implique également de bien comprendre ces nouveaux mécanismes tarifaires et d’être vigilant face à des fluctuations potentiellement coûteuses si l’on n’y prête pas attention.








