La guerre au Moyen-Orient continue de produire des effets bien au-delà de la région. En Belgique, la hausse des prix de l’énergie et des carburants commence déjà à peser sur le budget des ménages. Pourtant, contrairement aux crises précédentes, aucune mesure de soutien n’a été annoncée par le gouvernement. Une situation qui s’explique largement par l’état des finances publiques.
Près d’un mois après le début du conflit, les factures des ménages belges ont déjà commencé à augmenter. Pour un foyer moyen ayant signé un contrat d’énergie variable, la facture de gaz et d’électricité aurait progressé d’environ 45 euros. Les carburants suivent la même tendance avec un plein d’essence 95 de 45 litres qui coûte désormais plus de 10 euros supplémentaires.
La hausse est encore plus marquée pour le diesel et le mazout de chauffage. Un plein de diesel de 45 litres coûte environ 18 euros de plus qu’avant le début du conflit. Pour le mazout, la différence est encore plus visible : 1 000 litres coûtent désormais près de 570 euros de plus, une augmentation qui pèse fortement sur les ménages qui se chauffent encore avec ce combustible.
Un État belge aux marges budgétaires très limitées
Ces augmentations rappellent les précédentes crises énergétiques, notamment celles liées au Covid-19 en 2020 ou à la guerre en Ukraine en 2022. À l’époque, plusieurs aides avaient été mises en place pour soutenir les ménages. Mais aujourd’hui, les marges budgétaires de l’État sont bien plus faibles, ce qui limite fortement les possibilités d’intervention.
Le Premier ministre Bart De Wever s’est montré très prudent face aux appels à instaurer des mesures de soutien comme un plafonnement des prix ou un mécanisme de cliquet inversé. Selon lui, la Belgique doit déjà composer avec une dette publique très élevée et avec des taux d’intérêt en hausse qui pèsent sur les finances publiques.
Une dette publique parmi les plus élevées d’Europe
Les chiffres illustrent l’ampleur de la situation budgétaire. Selon l’Agence fédérale de la dette, la dette de l’État fédéral atteignait 565,42 milliards d’euros à la fin du mois de février. D’après la Commission européenne, la dette publique belge représente désormais plus de 107 % du produit intérieur brut.
Dans ce contexte, le gouvernement souhaite avant tout réduire le déficit budgétaire. L’exécutif prévoit de réaliser plusieurs milliards d’euros d’économies structurelles dans les prochaines années. Toutefois, la Banque nationale de Belgique estime que ces efforts pourraient ne pas suffire à stabiliser durablement le niveau d’endettement du pays.
Des aides possibles pour réduire les factures d’énergie, mais très limitées
Certains économistes estiment qu’une aide ciblée pourrait malgré tout être envisagée. Le mécanisme du cliquet inversé, par exemple, permettrait de réduire temporairement certaines accises lorsque les prix de l’énergie augmentent fortement. Toutefois, cette mesure resterait limitée et ne permettrait pas de faire chuter fortement les prix, souligne la RTBF.
La question centrale reste celle du financement de ces aides. Toute mesure de soutien devrait être compensée par une hausse des recettes fiscales ou par des économies ailleurs dans le budget de l’État. Des décisions politiquement sensibles qui rendent toute intervention complexe dans le contexte actuel.








