Les employeurs belges se montrent plus réservés dans leurs intentions de recrutement pour le troisième trimestre 2025, selon le Baromètre de l’emploi publié par ManpowerGroup. Ce constat intervient dans un contexte économique incertain, marqué par des turbulences sur le marché mondial et des enjeux internes qui bouleversent la gestion des ressources humaines.
Face à ces défis, les entreprises redoublent de prudence, réévaluant leurs stratégies de recrutement et d’investissement. Parallèlement, les tensions démographiques et technologiques ajoutent des pressions supplémentaires sur les décideurs.
Un climat de prudence sur le marché de l’emploi
D’après le sondage mené par ManpowerGroup en avril 2025 auprès de 525 employeurs, 39 % prévoient d’augmenter leurs effectifs d’ici la fin du mois de septembre 2025. Toutefois, 19 % d’entre eux envisagent des réductions d’effectifs et 41 % s’attendent à une stabilité de leur personnel. Cela se traduit par une prévision nette d’emploi de +20 %, en recul par rapport aux trimestres précédents, atteignant son plus bas niveau depuis le deuxième trimestre 2023.
L’analyse des prévisions de recrutement fait ressortir des différences importantes entre les trois régions du pays. À Bruxelles, les employeurs affichent des intentions de recrutement positives, avec une prévision nette d’emploi de +31 %, en hausse de 9 points par rapport au trimestre précédent. En Wallonie, cette prévision reste stable à +22 %. En revanche, la situation est plus préoccupante en Flandre, où la prévision nette d’emploi chute de 11 points par rapport au trimestre précédent, et de 14 points par rapport à l’année dernière, se stabilisant à +17 %.
Ces variations régionales peuvent s’expliquer par des facteurs locaux et des dynamiques économiques propres à chaque région. À Bruxelles, par exemple, l’augmentation des intentions de recrutement pourrait être liée à une concentration plus importante de secteurs en croissance, comme les nouvelles technologies et les services.
Les défis internes et externes des employeurs
Les entreprises belges sont confrontées à une série de défis internes et externes qui modifient leurs stratégies RH. À l’échelle internationale, l’incertitude économique, exacerbée par les tensions géopolitiques et les fluctuations du commerce mondial, incite les employeurs à adopter une attitude plus prudente.
Sur le plan interne, les entreprises doivent faire face à des changements démographiques majeurs. Le départ massif des travailleurs âgés du marché du travail constitue une préoccupation croissante. Ce phénomène affecte plus de 50 % des entreprises belges, et est particulièrement marqué à Bruxelles (62 %), en Flandre (58 %) et en Wallonie (47 %). Les départs massifs des générations plus âgées représentent un véritable défi pour les entreprises, qui doivent non seulement compenser ces départs, mais aussi attirer et fidéliser les nouvelles générations.
L’automatisation au cœur des priorités
Dans un contexte de réduction des recrutements, une priorité semble émerger chez les employeurs belges : l’automatisation. Selon ManpowerGroup, 54 % des entreprises belges prévoient d’investir davantage dans l’automatisation au cours des 12 prochains mois. Ce recours croissant à la technologie s’explique par la nécessité de compenser la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et d’augmenter la productivité. L’automatisation devient ainsi une solution stratégique pour faire face aux défis de recrutement, tout en permettant aux entreprises de rester compétitives dans un environnement économique mondial de plus en plus complexe.








