Le système d’électricité belge approche de ses limites. Entre transition énergétique, électrification des usages et forte demande en puissance, le réseau existant est mis à rude épreuve. Cette situation, déjà visible en hiver, fait émerger des tensions structurelles durables.
Selon les opérateurs, la Belgique ne manque pas d’énergie. Le pays reste bien approvisionné, mais la capacité à distribuer cette électricité à travers le territoire est insuffisante. Le réseau électrique, conçu pour une époque moins connectée, n’a pas anticipé l’ampleur des transformations en cours.
En quelques années, 350 000 voitures électriques sont apparues sur les routes belges. Les pompes à chaleur se multiplient dans les logements, tout comme les data centers, très énergivores. Ces nouvelles habitudes entraînent une forte pression sur le réseau, surtout aux heures de pointe.
Électricité : des conséquences immédiates pour les usagers
La saturation du réseau se traduit par des sous-tensions localisées. Ces baisses de puissance peuvent entraîner l’arrêt brutal d’appareils sensibles. Une pompe à chaleur qui cesse de fonctionner, en plein hiver, peut priver une maison de chauffage. Les bornes de recharge domestiques, mal synchronisées, contribuent à aggraver la situation.
Pour faire face, Ores prévoit d’investir 2,1 milliards d’euros entre 2025 et 2026, rapporte RTL Info. Ces fonds seront consacrés à la modernisation des infrastructures, dans le but de doubler la capacité actuelle du réseau.
L’économie freinée par l’absence de raccordement
Les tensions sur le réseau ne concernent pas uniquement les particuliers. Des projets professionnels sont directement bloqués. À Namur, un club de padel a dû recourir à un générateur diesel, faute d’alimentation. À Flémalle, un parc d’activités de 35 entreprises reste inutilisé malgré 10 millions d’euros d’investissements publics.
Selon les gestionnaires, cette incapacité à raccorder de nouveaux projets freine le développement économique régional. Les entreprises se retrouvent sur liste d’attente, parfois pendant plusieurs mois.
Une demande mal anticipée à l’échelle européenne
Le phénomène n’est pas isolé. En Belgique comme ailleurs, la demande de raccordement dépasse largement les prévisions. Gil Simon, directeur de Resa, parle d’une sous-estimation de 50 %. Le porte-parole d’Elia confirme que l’encombrement crée des files d’attente inédites.
La production d’électricité n’est pas en cause : c’est la puissance instantanée requise qui devient difficile à gérer. Le système ne parvient plus à suivre le rythme des nouvelles installations.
Vers une augmentation inévitable du coût de la distribution
Des solutions ponctuelles sont mises en place. En Wallonie, un décret favorise l’usage des heures creuses, pour lisser la consommation. À Nivelles, des bus électriques sont rechargés uniquement la nuit. Certains particuliers adaptent aussi leurs habitudes.
Mais selon les distributeurs, ces efforts seront insuffisants pour compenser les limites actuelles. Une augmentation du prix de la distribution est jugée inévitable dans les années à venir. Les ménages devront composer avec cette hausse structurelle.








