Des prix de l’électricité tombés en dessous de zéro : ce phénomène s’est multiplié en 2025 en Belgique. Une situation inédite, liée aux bouleversements du marché de l’énergie. Ce changement ouvre de nouvelles perspectives pour certains consommateurs, mais reste inaccessible à la majorité.
L’année 2025 a été marquée par un record de journées avec prix négatifs sur le marché de l’électricité en Belgique. Cela signifie que, pendant certaines heures, les producteurs ont payé les consommateurs pour qu’ils utilisent de l’électricité. Ce phénomène survient lorsque l’offre dépasse largement la demande, souvent lors de journées très ensoleillées ou venteuses, alors que la consommation reste faible.
Ce déséquilibre, s’il est temporaire, n’en est pas moins réel. Il découle directement de la montée en puissance des énergies renouvelables, en particulier le solaire, dont la production a bondi de 21 % cette année, selon les données d’Elia, le gestionnaire du réseau. En parallèle, la demande est parfois insuffisante pour absorber les volumes produits, notamment les week-ends ou jours fériés.
Une condition : avoir une offre dynamique et un compteur intelligent
Pour bénéficier de ces prix négatifs, les ménages doivent remplir deux conditions : être équipés d’un compteur intelligent, capable de mesurer la consommation par tranches de 15 minutes, et souscrire à une offre dynamique chez un fournisseur d’énergie. Ces offres lient directement le prix de vente au tarif spot du marché de gros, explique la RTBF.
Dans ces conditions, les consommateurs peuvent moduler leur utilisation d’énergie selon le prix réel. Il devient alors rentable de recharger une voiture électrique, utiliser un lave-linge programmable ou stocker l’électricité dans une batterie domestique pendant les heures creuses… ou gratuites. Néanmoins, très peu de consommateurs sont actuellement équipés ou abonnés à ce type d’offre.
Une mutation structurelle du marché de l’électricité
Ce phénomène n’est pas anecdotique. Il illustre les limites d’un réseau électrique conçu pour une production centralisée, alors que la production renouvelable est intermittente et diffuse. Pour éviter les excédents d’énergie, la flexibilité du réseau devient centrale, tant pour les producteurs que pour les utilisateurs.
Le gestionnaire Elia anticipe une augmentation de ces épisodes dans les années à venir, notamment avec la poursuite du déploiement solaire et les retraits progressifs des capacités nucléaires. L’enjeu pour les autorités et les opérateurs est désormais de soutenir le développement de solutions de stockage et de favoriser la diffusion des compteurs intelligents.








