Électricité : combien coûterait vraiment un blackout en Belgique ? Le chiffre alarmant d’Elia

Le coût d’un blackout en Belgique serait extrêmement élevé, évalué à environ 125 millions d’euros par heure d’interruption, mais le pays bénéficie d’une meilleure protection que ses voisins grâce à son réseau interconnecté et son positionnement stratégique.

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Électricité : combien coûterait vraiment un blackout en Belgique ? Le chiffre alarmant d’Elia : Crédit : L'Echo | Econostrum.info - Belgique

Le risque d’un blackout électrique en Belgique est un sujet de préoccupation croissante à l’heure où la sécurité énergétique devient un enjeu majeur en Europe. Un blackout, c’est-à-dire une panne généralisée et prolongée du réseau électrique, pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l’économie, la société et les infrastructures. 

Le CEO d’Elia, Bernard Gustin, gestionnaire du réseau de transport électrique belge, a récemment chiffré le coût potentiel d’un tel événement. Pour ce dernier, la Belgique bénéficie d’une meilleure protection que ses voisins ibériques.

Un coût économique colossal révélé par Bernard Gustin

Lors de son intervention sur RTL Matin, Bernard Gustin a évoqué un coût astronomique pour un blackout en Belgique. Selon lui, une coupure d’électricité sur une heure lors d’une période d’activité importante, comme un matin en semaine, représenterait une perte économique de l’ordre de 125 millions d’euros. Ce chiffre témoigne de la vulnérabilité du pays face à une interruption de courant.

Pour illustrer l’impact financier, Bernard Gustin a cité le cas récent du Portugal, qui a subi un blackout durant huit heures. Cette panne a coûté au pays près d’un milliard d’euros, un montant qui reflète la gravité des interruptions prolongées et leur effet sur les entreprises, les services publics, les infrastructures et la vie quotidienne des citoyens.

Ce coût comprend la perte de production industrielle, les interruptions dans les services essentiels, les dommages aux équipements électriques, ainsi que les dépenses liées aux mesures d’urgence. Il faut aussi considérer l’impact indirect, comme la perturbation des transports, des communications et des opérations bancaires.

En comparaison, ces chiffres dépassent largement les estimations précédentes avancées par d’autres acteurs du secteur, soulignant l’ampleur du risque économique. Ils montrent que la sécurité électrique ne peut plus être prise à la légère, surtout dans un contexte de transition énergétique et d’augmentation des tensions sur le réseau.

La Belgique, un réseau électrique mieux protégé grâce à son positionnement stratégique

Malgré ce risque financier considérable, Bernard Gustin se montre rassurant quant à la capacité de la Belgique à éviter un blackout majeur. La force du réseau belge réside notamment dans sa configuration et son positionnement géographique.

Contrairement à l’Espagne et au Portugal, plus excentrés à la pointe sud-ouest de l’Europe, la Belgique est située au cœur du continent, ce qui lui confère un avantage stratégique. En effet, son réseau est fortement interconnecté avec ceux des pays voisins, notamment la France, les Pays-Bas et l’Allemagne. Cette interconnexion permet d’équilibrer rapidement l’offre et la demande d’électricité à l’échelle européenne, réduisant ainsi le risque d’une panne massive.

Bernard Gustin explique que ce positionnement permet à la Belgique d’« ouvrir les portes » du réseau pour faire circuler l’électricité entre pays en cas de variation importante de consommation ou de production. Cette capacité à activer immédiatement d’autres moyens pour rétablir l’équilibre entre l’électricité produite et consommée est un atout majeur. Il souligne que cet équilibre est indispensable car toute différence trop importante peut entraîner des instabilités, voire un blackout.

Cette organisation complexe est soutenue par des investissements continus dans les infrastructures et la technologie, notamment dans les systèmes de contrôle et de gestion du réseau. Elia, en tant que gestionnaire, joue un rôle clé dans la surveillance permanente et la prévention des risques.

Néanmoins, Bernard Gustin rappelle que le risque zéro n’existe jamais. Il convient donc de poursuivre les efforts pour renforcer la résilience, anticiper les pics de consommation, et intégrer efficacement les énergies renouvelables, dont l’intermittence représente un défi pour la stabilité du réseau.

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