La Belgique est désormais l’un des pays où l’électricité est la plus chère d’Europe de l’Ouest. Derrière cette hausse se cachent plusieurs facteurs économiques et politiques qui alourdissent la facture des ménages. Le coût élevé de l’électricité est devenu une problématique de plus en plus pressante, mais comment expliquer cette situation ?
Le prix de l’électricité en Belgique a explosé ces dernières années. À plus de 30 centimes le kilowatt/heure, la Belgique se classe parmi les pays les plus chers, juste derrière les Pays-Bas. Cette hausse vertigineuse s’explique par plusieurs éléments, parmi lesquels l’augmentation des frais liés au réseau électrique et la transition énergétique. Selon Francesco Contino, professeur à l’école polytechnique de l’UCLouvain, « derrière ça, il y a tout un réseau qu’il faut pouvoir maintenir dans des bonnes conditions, des bonnes conditions de tension, de fréquence », rapporte RTL. Les investissements dans ce réseau sont en constante augmentation, notamment pour intégrer les énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire.
Une électricité coûteuse à produire
L’une des raisons majeures de cette augmentation réside dans le coût de production de l’électricité, qui reste en grande partie dépendant du gaz. Bien que la Belgique ait fait des progrès avec les énergies renouvelables, celles-ci sont soumises aux aléas climatiques : les éoliennes dépendent du vent et les panneaux solaires du soleil. Lorsqu’il y a un manque de production d’énergie renouvelable, les centrales à gaz doivent intervenir pour combler le déficit, et cela a un coût. Le prix du gaz a d’ailleurs augmenté de 50 % depuis le début de l’année 2026, alimentant encore plus la hausse des prix de l’électricité.
Une autre composante du coût élevé de l’électricité réside dans les taxes. En Wallonie, ces taxes peuvent représenter jusqu’à un tiers de la facture d’électricité. Maxime Vande Weyer, journaliste spécialisé en énergie, souligne que la facture des Belges ressemble souvent à une « feuille d’impôt déguisée ». Ces taxes sont en partie dues à des redevances nécessaires pour financer les investissements dans le réseau électrique et dans les énergies renouvelables. Elles ont également pour but d’inciter à la transition énergétique en dissuadant l’utilisation des énergies fossiles. Toutefois, leur impact sur les consommateurs est réel et lourd.
Quel impact pour le « tax shift » ?
Le gouvernement belge a mis en place un « tax shift », visant à augmenter la taxation des énergies fossiles pour rendre l’électricité plus compétitive. Cependant, selon les spécialistes, cet effort aura un impact marginal sur les prix de l’électricité pour les consommateurs. Il est également à noter que la politique fiscale en matière d’énergie varie d’une région à l’autre, ce qui crée une disparité entre les Wallons et les Bruxellois, par exemple, en termes de coûts.
Face à cette situation, les autorités cherchent des solutions pour améliorer la compétitivité de l’électricité et alléger la facture des consommateurs. Mais les réformes envisagées peinent à convaincre, et les familles belges continuent de subir des hausses régulières de leurs factures. Le système de production, de transport et de distribution de l’électricité semble de plus en plus complexe et coûteux. Une chose est certaine : sans une réduction substantielle des taxes et un investissement plus efficace dans les énergies renouvelables, les consommateurs belges risquent de voir leurs factures grimper encore dans les années à venir.








