Le commerce extérieur belge traverse une période difficile. La forte baisse des exportations, notamment vers les États-Unis, fait basculer la balance commerciale dans le rouge.
La Banque nationale de Belgique (BNB) alerte sur une dégradation rapide du commerce extérieur. Entre septembre et novembre 2025, les exportations belges ont chuté de 5,7 %, tandis que les importations reculaient de 5,6 %. Le mois de novembre a enregistré une accélération de cette tendance, avec des baisses respectives de 7,5 % pour les exportations et 6,7 % pour les importations.
Ce ralentissement touche plusieurs partenaires commerciaux, mais c’est la chute des exportations vers les États-Unis qui concentre l’attention. Sur un an, la baisse atteint 22 %, faisant passer la balance commerciale bilatérale d’un excédent de 1,3 milliard d’euros en 2024 à un déficit de 0,9 milliard à l’automne 2025.

Les exportations du secteur chimique vers les États-Unis sont en forte baisse
Le secteur le plus impacté est celui des produits chimiques, un pilier des exportations belges. Selon les données de la BNB, les ventes vers les États-Unis ont chuté de plus de 600 millions d’euros sur trois mois, comparé à la même période l’année précédente. Le secteur des métaux subit également un net ralentissement, bien que dans des proportions moindres.
Cette fragilité est d’autant plus notable que les exportations vers d’autres régions reculent aussi dans ces mêmes secteurs, laissant penser que les causes sont à la fois conjoncturelles et structurelles.
Une conjoncture défavorable entre taux de change et douanes
Deux éléments extérieurs compliquent davantage la situation : Le taux de change euro/dollar, qui a évolué au désavantage des exportateurs européens, avec une baisse de 12 % du dollar en un an ; La hausse des droits de douane décidée par l’administration Trump, visant plusieurs secteurs stratégiques dont la chimie.
La Banque nationale reste prudente dans son analyse. Elle souligne qu’il est encore trop tôt pour quantifier précisément l’effet des nouvelles barrières douanières américaines, d’autant que certains produits belges continuent à bien se vendre outre-Atlantique.
Un point de bascule pour la croissance
La BNB évoque un « point de bascule vers une croissance plus négative », mettant fin à une phase de stabilisation fragile. La tendance observée pourrait affecter la croissance globale dès le premier semestre 2026 si elle se poursuit. La Belgique, traditionnellement excédentaire dans ses échanges extérieurs, entre ainsi dans une zone de vulnérabilité commerciale inédite depuis plusieurs années.








