La Belgique se prépare à un nouveau drame social. Près de 1.000 postes de travail seront supprimés sur les trois sites belges du groupe AGP. Après plusieurs mois d’espoirs autour d’une reprise par un candidat unique, celui-ci a finalement décidé de se retirer de la procédure.
Cette décision a été confirmée par le curateur chargé de la procédure de faillite, Yves François, vendredi dernier. Le retrait du repreneur marque un tournant tragique dans le dossier, qui semblait pourtant sur la bonne voie en début d’année.
Les raisons d’un échec retentissant
La faillite des sites de Roulers, Evergem et Zwijnaarde semble désormais inévitable. Ce dénouement laisse présager de lourdes conséquences sociales et économiques. À l’heure actuelle, plus aucune activité n’est disponible pour être transférée, rendant la liquidation inévitable. La fermeture des trois sites est attendue pour début juillet.
Le retrait du seul candidat repreneur de la procédure s’explique principalement par le manque de soutien des clients clés d’AGP, relate Sudinfo. Malgré des négociations prometteuses en début d’année, les grandes marques comme Volvo, BMW et Volkswagen ont fait savoir qu’elles ne souhaitaient pas suivre le plan de reprise proposé. La raison principale évoquée par ces géants de l’automobile est la crainte que la nouvelle structure de l’entreprise ne réponde pas à leurs exigences de qualité et de fiabilité.
En effet, les sites belges d’AGP, spécialisés dans le secteur automobile, avaient des contrats importants avec ces clients, et sans eux, la rentabilité de l’entreprise était mise en péril. Le retrait de ces contrats a fragilisé encore davantage la situation du groupe. De son côté, le candidat repreneur n’a pas pu répondre aux attentes des clients, et le manque de confiance dans le plan de reprise a poussé ce dernier à abandonner l’opération.
Le curateur Yves François a précisé qu’il ne restait plus « d’activité à transférer » après ce retrait. Cela signifie qu’aucune entreprise ne peut reprendre les sites avec les contrats existants et les employés. Une situation qui plonge directement les 1.000 employés dans une incertitude totale quant à leur avenir professionnel.
L’impact social de la fermeture des sites
L’impact de la fermeture des trois sites d’AGP, qui étaient jusque-là des acteurs majeurs dans leur domaine, se fera sentir bien au-delà des murs de l’entreprise. Près de 1.000 salariés, majoritairement dans la région de Flandre occidentale, risquent de se retrouver sans emploi. Un nombre qui représente une perte considérable pour une zone déjà fragilisée économiquement.
La perte de ces emplois ne sera pas sans conséquences pour les travailleurs et leurs familles. Dans un contexte déjà marqué par des difficultés économiques, notamment dans le secteur industriel, ces licenciements massifs risquent d’accentuer les tensions sociales. Les autorités locales devront probablement intervenir pour accompagner les travailleurs dans leur transition professionnelle, mais les perspectives restent limitées, d’autant plus que les autres entreprises de la région peinent à recruter dans des secteurs similaires.
Les syndicats ont rapidement exprimé leur inquiétude face à cette situation. Ils redoutent un phénomène de « destruction d’emplois » qui affecterait particulièrement les travailleurs les moins qualifiés et les plus vulnérables au chômage. Les mois à venir s’annoncent ainsi particulièrement difficiles pour ces personnes qui ont perdu leur emploi dans des conditions aussi dramatiques.








