Le gouvernement belge prévoit un double saut d’index pour limiter l’indexation des salaires et allocations les plus élevées. Cette réforme vise à économiser 1,2 milliard d’euros d’ici 2030, mais elle pourrait aussi réduire le revenu des ménages et la consommation, avec des impacts potentiels sur l’économie.
Le double saut d’index, prévu par le gouvernement Arizona (N-VA, MR, Les Engagés, CD&V, et Vooruit), pourrait permettre à l’État de réaliser des économies substantielles. Cette mesure consistera à plafonner l’indexation des allocations supérieures à 2.000 euros et des salaires dépassant 4.000 euros bruts. Selon les prévisions du Bureau du plan, cette réforme permettra d’économiser jusqu’à 1,2 milliard d’euros d’ici 2030. Les économies se répartiront principalement entre 922 millions d’euros en impôts directs et 164 millions d’euros en cotisations sociales.
Bien que cette mesure présente des avantages fiscaux, elle entraînera une baisse du revenu disponible des ménages de 0,35 %, et une réduction de la consommation de 0,13 %. L’impact sur l’économie en général sera limité, avec une baisse du PIB de seulement -0,02 % et une légère diminution de l’emploi de 0,07 %. Ces chiffres montrent que, bien que l’économie belge soit touchée, l’effet global sur la croissance reste modéré.
Réduction du revenu et de la consommation
Le plafonnement de l’indexation aura un impact direct sur les ménages les plus touchés. Ceux bénéficiant de salaires ou allocations supérieurs à 2.000 ou 4.000 euros verront une réduction de leur revenu disponible. Cette diminution, bien que modeste en pourcentage, pourrait entraîner une baisse de la consommation. En effet, avec un pouvoir d’achat réduit, les familles risquent de revoir à la baisse leurs dépenses, particulièrement sur les biens durables et non essentiels.
Ce phénomène pourrait freiner la reprise économique dans certaines régions du pays. Les classes moyennes, en particulier, risquent de ressentir plus durement les effets de cette mesure, qui, si elle est bien mise en œuvre, réduira leur capacité à consommer.
Une mise en œuvre du double saut d’index attendue en juin
Le double saut d’index pourrait entrer en vigueur dès le 1er juin 2026, après l’adoption de la loi-programme correspondante. Toutefois, le vote a été reporté en raison de l’attente de l’avis des organes de concertation sociale. Si cet avis est validé, le gouvernement pourra mettre en place la réforme. Le report de l’entrée en vigueur d’avril à juin n’a pas été pris en compte dans les prévisions économiques du Bureau du plan, mais cela pourrait légèrement affecter les économies anticipées à court terme.
Les syndicats et les acteurs sociaux sont en effet partagés sur cette réforme. Bien que le gouvernement justifie la mesure par la nécessité d’alléger les finances publiques, les partenaires sociaux s’inquiètent des conséquences sociales, notamment sur les plus vulnérables.
Des économies à long terme pour l’État
À court terme, la réforme permettra à l’État de réaliser d’importantes économies, mais les répercussions à long terme restent incertaines. L’effet sur la consommation et l’emploi est relativement faible, mais la diminution du revenu des ménages pourrait avoir un effet cumulatif sur la croissance économique, en particulier si d’autres facteurs externes viennent aggraver la situation.
L’objectif du gouvernement est de réduire la dépense publique tout en maintenant un équilibre budgétaire. Toutefois, les bénéfices à long terme de cette mesure devront être évalués en fonction des impacts sur les familles et de l’évolution de la consommation, clé de voûte de la croissance économique.








