La déclaration d’impôts est une étape annuelle incontournable pour de nombreux citoyens. Pour les parents, elle peut s’avérer particulièrement complexe, surtout lorsqu’il s’agit de bénéficier des réductions fiscales liées aux frais de garde d’enfants.
Ces avantages sont bienvenus pour alléger les budgets familiaux, mais plusieurs pièges peuvent survenir si les démarches ne sont pas réalisées correctement. Parmi ces erreurs fréquentes, deux d’entre elles peuvent priver les parents d’une réduction d’impôt bien méritée..
Piège 1 : L’oubli de frais de garde dans la déclaration d’impôts
Les frais de garde d’enfants peuvent être déduits à hauteur de 45 % des sommes engagées, sous réserve que les montants ne dépassent pas 16,40 € par jour pour chaque enfant de moins de 14 ans, explique Moustique. Cette réduction d’impôt est un soutien précieux pour les familles, et pour en bénéficier, les parents doivent obtenir une attestation fiscale fournie par chaque organisme de garde, qu’il s’agisse d’une crèche, d’un stage ou encore de garderies scolaires.
Cependant, un piège majeur réside dans le fait que tous les frais de garde ne sont pas automatiquement préremplis dans la déclaration d’impôts. En théorie, les organismes de garde doivent transmettre les informations concernant les périodes de garde au SPF Finances, ce qui permet aux parents de voir les montants déjà inscrits sur leur déclaration préremplie. Mais ce n’est pas toujours le cas. Si un organisme omet de transmettre des informations, ces frais ne seront pas pris en compte, laissant les parents dans l’ignorance.
Madeleine Guyot, directrice générale de la Ligue des familles, souligne ce problème en précisant : « Le risque, c’est que les parents pensent que tout est en ordre parce que leur déclaration d’impôt est préremplie… alors que certaines dépenses n’ont tout simplement pas été reprises ». Il est donc essentiel pour les parents de vérifier que toutes les périodes de garde sont bien mentionnées dans leur déclaration. Si ce n’est pas le cas, ils peuvent ajouter manuellement ces montants pour bénéficier de la réduction d’impôt.
Piège 2 : Les parents séparés ou cohabitants de fait
Les situations familiales complexes, comme la séparation ou la cohabitation de fait, peuvent également entraîner des erreurs dans la déclaration des frais de garde. En effet, pour bénéficier de la réduction d’impôt, le parent qui a l’enfant à charge fiscalement doit être celui mentionné sur l’attestation de l’organisme de garde. Dans de nombreux cas, le parent qui paie les frais de garde n’est pas nécessairement celui qui a l’enfant à charge fiscalement, créant ainsi un risque d’inéligibilité à la réduction d’impôt.
Madeleine Guyot attire l’attention sur ce point : « L’organisme de garde va reprendre sur l’attestation le parent qui paie la facture, même si ce n’est pas lui qui a l’enfant à charge fiscalement » . En conséquence, aucun des parents ne pourra bénéficier de la réduction, ce qui peut être une surprise pour de nombreuses familles.
Dans ces configurations familiales, il est important de vérifier que l’organisme de garde indique correctement sur l’attestation le nom du parent qui a la charge fiscale de l’enfant. En cas de garde alternée, les parents peuvent chacun demander une attestation pour pouvoir bénéficier, tous les deux, d’une réduction d’impôt proportionnelle. Mais cela nécessite une démarche proactive de leur part.
Les bonnes pratiques pour éviter les erreurs
Afin d’éviter ces pièges et de maximiser leur réduction d’impôt, les parents doivent rester vigilants et suivre quelques règles simples. Ils doivent notamment vérifier que toutes les périodes de garde sont bien prises en compte et s’assurer que l’attestation fiscale fournie par les organismes de garde respecte le modèle officiel. Si des erreurs sont repérées, les parents peuvent rectifier la déclaration eux-mêmes.
Dans le cas des familles séparées ou cohabitants de fait, il est essentiel de s’assurer que l’attestation mentionne le bon parent, celui qui a l’enfant à charge fiscalement. Les parents doivent également être conscients de la possibilité de partager la réduction d’impôt en cas de garde alternée et de faire la demande d’attestations séparées auprès des organismes concernés.
Ces précautions simples permettent d’éviter des erreurs coûteuses et d’assurer que les parents bénéficient pleinement des réductions fiscales auxquelles ils ont droit. La Ligue des familles, consciente de ces difficultés, propose d’ailleurs un service d’accompagnement pour aider les familles à naviguer dans le dédale des règles fiscales relatives aux frais de garde.







