De plus en plus de Belges choisissent de cumuler deux emplois pour diversifier leurs revenus. Selon les dernières données, la Belgique figure désormais parmi les cinq premiers pays européens pour la proportion de travailleurs exerçant un deuxième emploi. Une tendance en forte hausse, surtout ces dernières années, qui a des conséquences tant sur la vie professionnelle que sur les finances personnelles des travailleurs.
En 2025, la Belgique enregistre une proportion record de 6,1% de travailleurs exerçant deux emplois, plaçant le pays dans le top 5 européen. Ce phénomène a progressé de manière significative ces dernières années, avec une augmentation de 10,9% par rapport à 2024 et de 48,8% sur les dix dernières années. Ces chiffres proviennent d’une analyse du groupe de services en ressources humaines Acerta, qui se base sur les statistiques de l’office européen Eurostat.
Les pays voisins comme les Pays-Bas (9,4%), le Danemark (9,5%) ou encore la Finlande (7,1%) devancent la Belgique dans ce domaine. En revanche, l’Estonie (6,3%) enregistre un pourcentage légèrement supérieur à celui de la Belgique, mais cela reste dans la même dynamique de hausse de l’emploi multiple en Europe.
Pourquoi de plus en plus de Belges cumulent-ils deux emplois ?
Les raisons pour lesquelles de nombreux Belges choisissent de cumuler plusieurs emplois sont multiples. Parmi les motivations principales, on trouve la volonté d’avoir une meilleure marge financière. La hausse du coût de la vie, combinée à un salaire principal parfois jugé insuffisant, pousse certains travailleurs à rechercher une source de revenus supplémentaire. De plus, avec l’essor des flexi-jobs et l’élargissement des possibilités pour les indépendants, cumuler plusieurs activités devient plus accessible.
Les experts d’Acerta soulignent également que beaucoup de travailleurs souhaitent mettre à profit des talents ou des compétences qu’ils ne peuvent pas exploiter dans leur emploi principal. Pour certains, cela peut aussi être une manière d’alterner un travail plus physique avec une activité plus sédentaire, permettant ainsi de mieux gérer leur énergie et leur bien-être, rapporte DHNet.
Une situation qui touche autant les hommes que les femmes
Pour la première fois, autant d’hommes que de femmes exercent un deuxième emploi en Belgique. Toutefois, les types d’emplois diffèrent. Les hommes optent généralement pour des activités indépendantes à titre complémentaire, tandis que les femmes privilégient souvent les flexi-jobs ou les emplois salariés. Ces dernières années, la proportion de femmes cumulant deux emplois a augmenté de 56,4%, contre 38,6% pour les hommes.
Ces chiffres révèlent l’évolution des mentalités et la volonté croissante des femmes de s’émanciper financièrement en multipliant les sources de revenus.
Les flexi-jobs, un facteur clé
Le succès des flexi-jobs, en particulier dans des secteurs comme l’horeca, le retail, ou la distribution, a contribué à l’essor du cumul des emplois. Les travailleurs bénéficient de plus de flexibilité et de possibilités d’adapter leurs horaires, ce qui leur permet de compléter leur salaire principal tout en maintenant un équilibre relativement souple.
À partir du 1er juillet 2026, le gouvernement prévoit d’étendre encore ces possibilités, facilitant ainsi encore plus l’accès à ces emplois secondaires. Cette mesure devrait renforcer davantage le phénomène, en offrant plus de liberté aux travailleurs, notamment dans un contexte où la précarité salariale touche encore une large part de la population.








