La ville de Mons a décidé de durcir sa politique vis-à-vis des bâtiments inoccupés, une problématique de plus en plus pressante dans un contexte de crise du logement. Ce durcissement se matérialise par une nouvelle approche légale qui permet désormais à la municipalité d’attaquer en justice les propriétaires négligents, notamment ceux ayant laissé leurs immeubles se dégrader au centre-ville.
Ce changement s’inscrit dans une volonté de régénérer certains quartiers tout en répondant à un besoin urgent de logements. Mons s’engage ainsi à utiliser toutes les mesures légales possibles pour réduire le nombre de bâtiments abandonnés ou mal entretenus.
Des actions concrètes face à l’inoccupation des bâtiments
Le conseil communal de Mons a récemment voté la confirmation de la présomption d’inoccupation d’un bâtiment situé en plein centre-ville. Ce dispositif permet désormais à la ville de prendre des mesures juridiques à l’encontre du propriétaire, pour l’obliger à remettre l’immeuble en état et à le rendre habitable. Céline De Bruyn, échevine du logement pour le PTB, a exprimé la frustration des citoyens face à l’inaction de certains propriétaires, soulignant que l’inoccupation prolongée de bâtiments dans un contexte de pénurie de logements est incompréhensible, relate Le Soir. Elle a ajouté que cette situation entraîne souvent des désagréments pour les voisins, en raison de l’état de délabrement des biens.
Selon l’échevine, l’attaque en justice n’intervient qu’après plusieurs tentatives de médiation et l’offre d’aides pour aider les propriétaires à rénover leurs bâtiments. De plus, une taxe sur les logements inoccupés avait déjà été imposée pour inciter les propriétaires à réagir. Cependant, le propriétaire du bâtiment concerné n’a jamais répondu favorablement aux sollicitations de la ville. Après plusieurs rappels et mises en demeure, la municipalité a donc décidé de prendre des mesures plus sévères, en lançant une action judiciaire.
Une démarche légale renforcée pour lutter contre la dégradation des quartiers
Cette approche juridique est une première pour la ville de Mons, et elle pourrait en inspirer d’autres dans le pays. L’objectif est clair : faire face à la dégradation de certains quartiers, réduire l’inoccupation des logements et, par conséquent, améliorer la qualité de vie des habitants. Cette nouvelle politique vise à combattre le phénomène des bâtiments laissés à l’abandon, qui sont non seulement un gâchis de ressources mais aussi des sources potentielles de nuisances et de risques pour la sécurité publique. En prenant des mesures drastiques contre les propriétaires, Mons souhaite envoyer un message fort : l’immobilier inoccupé ne sera plus toléré dans le cœur de la ville.
L’échevine De Bruyn a précisé que la ville est déterminée à poursuivre ses efforts pour résoudre ce problème, en se servant des moyens juridiques à sa disposition. Elle a souligné que cette initiative pourrait en appeler d’autres, et que la municipalité travaillera de manière rigoureuse pour réduire le nombre de logements inoccupés. Pour ce faire, elle continuera à proposer des solutions de médiation et des aides financières, tout en appliquant les sanctions nécessaires lorsqu’aucune solution n’est trouvée.
Mons envisage également de renforcer la coopération avec l’immobilière sociale pour aider les propriétaires à rénover leurs bâtiments et ainsi les remettre sur le marché locatif ou en vente. Cette approche pragmatique vise à préserver l’intégrité des quartiers, tout en répondant aux besoins urgents en matière de logements.








