À la fin du mois de juin 2025, la Wallonie, y compris la Communauté germanophone, comptait 248 316 chercheurs d’emploi, soit une augmentation de 10,8 % par rapport à l’année précédente. Cette hausse est en grande partie expliquée par un changement de méthode dans la comptabilisation des personnes librement inscrites, qui ont augmenté de 23,7 %.
Le Forem a précisé que désormais, ces personnes sont inscrites à durée indéterminée, ce qui modifie l’approche de cette statistique. Bien que cette évolution apparente suggère un marché de l’emploi en tension, elle révèle également des dynamiques complexes à l’échelle de la région.
Une hausse des demandeurs d’emploi, mais un profil diversifié
En juin 2025, le nombre de demandeurs d’emploi en Wallonie s’élevait à 248 316, dont près de la moitié, soit 117 809 personnes (47 %), percevaient des allocations de chômage ou d’insertion, indque ce jeudi Le Forem. Ce chiffre marque une augmentation de 8 % par rapport à l’année dernière, soulignant un besoin persistant de soutien pour une partie de la population active. Par ailleurs, les jeunes en stage d’insertion professionnelle après leurs études représentaient 10 % de la demande totale, soit 24 591 individus, avec une légère diminution de 5,8 % par rapport à 2024.
Les chercheurs d’emploi libres, inscrits volontairement, constituaient également une part non négligeable, représentant 31 % des inscrits, soit 77 793 personnes. Ces demandeurs, qui ne sont pas soumis à une obligation légale d’inscription, ont vu leur nombre augmenter de 23,7 % sur l’année écoulée. En ce qui concerne les autres catégories, les chercheurs d’emploi inscrits obligatoirement représentaient 11 % de la demande, soit 28 123 personnes, une augmentation de 7,6 %. Cette diversité dans les profils des demandeurs d’emploi montre la complexité de la situation, avec des dynamiques variées qui méritent une attention particulière dans les politiques de l’emploi.
Le taux de la demande d’emploi en Wallonie, qui représente la part des chercheurs d’emploi dans la population active de la région, s’établissait en juin à 15,1 %. Ce chiffre reflète non seulement une persistance des difficultés économiques, mais aussi les changements dans les pratiques de comptabilisation des demandeurs. À noter que plus de la moitié des demandeurs inoccupés sont des hommes, et 49 % d’entre eux sont sans emploi depuis plus de deux ans. La proportion de demandeurs âgés de 50 ans ou plus reste également significative, atteignant un quart du total des inscrits. Par ailleurs, 17 % des demandeurs ont moins de 25 ans.
Un autre point important est le niveau de qualification des demandeurs. Environ 41 % d’entre eux n’ont au maximum qu’un diplôme de l’enseignement secondaire du deuxième degré. Ce facteur joue un rôle essentiel dans les difficultés d’insertion professionnelle de nombreux chercheurs d’emploi, surtout dans des secteurs en forte demande de qualifications spécifiques et de compétences spécialisées.
Une offre d’emploi en recul et une pénurie de main-d’œuvre qualifiée
Au cours du deuxième trimestre 2025, le Forem a diffusé 100 959 offres d’emploi, un chiffre en baisse de 29 % par rapport à la même période l’an dernier. Cette diminution des offres s’inscrit dans un contexte de précautions économiques où de nombreuses entreprises hésitent à recruter face à une conjoncture incertaine. Néanmoins, certains secteurs restent particulièrement porteurs, notamment la représentation commerciale auprès des entreprises, la conduite de transport de marchandises sur longue distance, ainsi que l’installation et la maintenance d’équipements industriels et d’exploitation.
Parmi les contrats proposés, les contrats intérimaires sont les plus nombreux, représentant 56,7 % des offres. Les contrats à durée indéterminée suivent avec 29,1 % des propositions. Cette structure des offres d’emploi souligne une dépendance accrue à l’intérim dans certains secteurs, ce qui peut être perçu comme un signe d’instabilité pour les chercheurs d’emploi. Les travailleurs en intérim, bien que souvent engagés pour des missions à durée limitée, bénéficient tout de même d’une certaine flexibilité, mais manquent parfois de sécurité à long terme.
La pénurie de main-d’œuvre qualifiée continue de représenter un frein majeur à la compétitivité de la Wallonie. Les secteurs en tension peinent à attirer des travailleurs suffisamment formés, ce qui a des conséquences directes sur la capacité de la région à répondre à ses besoins en termes de développement économique. Les entreprises sont confrontées à des difficultés croissantes pour pourvoir des postes techniques spécialisés, tels que les ingénieurs, les professionnels du secteur IT, ainsi que dans les métiers liés à la santé et à l’industrie. Cette situation crée un écart significatif entre l’offre de travail et la demande des employeurs, exacerbant ainsi les défis du marché du travail en Wallonie.








