En Belgique, de plus en plus de travailleurs remettent en question l’adage « tout travail mérite salaire ». Une enquête récente révèle qu’un Belge sur neuf envisage de démissionner en raison de la faible rentabilité de leur emploi. Cette tendance inquiétante soulève des questions essentielles sur la rentabilité du travail et la manière dont l’État pourrait réagir face à une crise latente du travail.
Le rapport, mené par Partena, met en lumière un phénomène alarmant : un salarié sur neuf, principalement dans les secteurs moins qualifiés, considère quitter son emploi car le salaire qu’il perçoit ne compense pas les efforts fournis. Le professeur d’économie du travail, Stijn Baert, explique à HLN que, en Belgique, l’écart entre les avantages sociaux et les salaires est particulièrement faible, rendant l’alternative du chômage attrayante pour certains. Ce constat est encore plus frappant chez les ouvriers, qui, bien souvent, perçoivent des salaires qui ne dépassent que de peu les allocations chômage.
Le « piège du chômage » : un frein à la motivation au travail
Les travailleurs peu qualifiés, qui gagnent déjà des salaires faibles, se retrouvent dans un « piège du chômage », où la différence entre travailler et ne pas travailler devient presque négligeable. Selon Baert, la situation belge est la pire d’Europe à cet égard. Un ouvrier, une fois en emploi, gagne en moyenne seulement 6 % de plus qu’il ne toucherait s’il était au chômage, une situation désavantageuse pour les personnes ayant un faible revenu.
Les jeunes, quant à eux, sont particulièrement touchés par ce phénomène. Les travailleurs de moins de 20 ans sont plus nombreux à envisager de réduire leur temps de travail. Ce désir de travailler moins souligne un changement générationnel où l’équilibre entre travail et vie personnelle semble prendre de plus en plus d’importance.
La nécessité d’une réforme pour redonner de la rentabilité au travail
Face à cette situation, les économistes appellent à des réformes urgentes. L’objectif du gouvernement belge d’atteindre un taux d’emploi de 80 % d’ici 2030 semble incertain si des mesures concrètes ne sont pas prises pour améliorer la rentabilité du travail. Parmi les propositions figurent une réduction des impôts sur les salaires et une révision des prestations sociales, qui devraient être mieux adaptées aux revenus faibles.
Les autorités belges se retrouvent devant un défi majeur : rendre le travail attractif pour ceux qui, aujourd’hui, y voient plus un fardeau qu’une opportunité. Le temps presse pour une réforme qui pourrait redéfinir l’avenir de l’emploi dans le pays.








