Le coût salarial en Belgique continue d’évoluer à un rythme plus lent que dans les pays voisins, suscitant des débats sur l’impact de cette lente progression sur la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des travailleurs. Alors que des tensions surgissent entre syndicats et patronat, la question des salaires devient un enjeu majeur pour l’avenir économique du pays.
Selon les dernières prévisions du rapport technique intermédiaire du Conseil central de l’économie (CCE) , le handicap salarial belge par rapport à ses voisins devrait se réduire à -1,0 ou -1,1% d’ici 2026. Bien que cet écart tende à se diminuer, il reste un sujet de préoccupation. Ce retard dans l’évolution des salaires est désormais au cœur des négociations pour l’accord interprofessionnel 2027-2028, où la loi de 1996 sur la norme salariale, qui impose un cadre strict aux augmentations salariales, est à l’ordre du jour.
Les syndicats, qui réclament des hausses salariales conséquentes, dénoncent cette législation qu’ils jugent obsolète et restrictive. Pour la CGSLB, il est « temps de revenir à de fortes et réelles augmentations salariales« , tandis que la FGTB considère que « le handicap salarial a été résorbé« . Ces syndicats plaident pour une libération des négociations salariales, estimant que l’actuelle réglementation empêche une véritable amélioration des conditions de vie des travailleurs.
Les revendications des syndicats et les craintes du patronat
Les syndicats ne sont pas les seuls à réagir à cette question : le patronat, représenté par la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), reste plus réservé. La FEB conteste les calculs des syndicats et estime que l’écart salarial avec les autres pays européens reste important. Selon l’organisation, l’écart historique sera de 10 % en 2024, ce qui, selon elle, constitue un véritable obstacle à la compétitivité des entreprises belges. L’augmentation du coût salarial peut, en effet, se traduire par un alourdissement des charges pour les entreprises, avec des conséquences possibles sur l’emploi et la rentabilité.
David Clarinval, ministre belge des Entreprises, tempère cette situation en rappelant que, bien que l’écart se réduise légèrement, le coût salarial en Belgique reste encore supérieur de 10 % à la moyenne des pays voisins. Un constat qui, selon lui, soulève des défis importants pour les entreprises et la compétitivité du pays dans un environnement de plus en plus globalisé.
Les solutions envisagées : plafonnement et adaptation des normes salariales
Pour faire face à cette problématique, les syndicats et le patronat convergent sur un point : la nécessité de réformer le système de conventionnement des salaires. Le gouvernement, quant à lui, est sous pression pour trouver un équilibre entre l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs et la compétitivité des entreprises. Les syndicats demandent notamment un plafonnement des suppléments d’honoraires et une révision de la norme salariale pour permettre une plus grande liberté dans les négociations. L’enjeu étant d’éviter que la Belgique ne perde sa compétitivité tout en garantissant des salaires justes pour ses travailleurs.








