Consultations médicales : combien les Belges paient-ils de leur poche ?

En Belgique, les consultations sont de plus en plus couvertes par le tiers payant, modifiant les pratiques de paiement dans le secteur des soins de santé.

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Consultations médicales
Consultations médicales : combien les Belges paient-ils de leur poche ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Les consultations médicales sont de moins en moins coûteuses pour les patients belges. Grâce à l’élargissement du système du tiers payant, près de 9 médecins sur 10 pratiquent aujourd’hui des tarifs très limités, notamment chez les généralistes.

Dans le cadre du tiers payant, les patients ne paient plus l’intégralité des honoraires au moment de la consultation. Ils règlent uniquement le ticket modérateur, soit 4 euros pour une visite chez un médecin généraliste conventionné, voire 1 euro pour les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM). Le reste est pris en charge directement par l’assurance maladie.

Ce mécanisme simplifie les démarches administratives et limite les avances de frais, ce qui permet de réduire les obstacles financiers à l’accès aux soins. Depuis la levée des restrictions en 2022, le recours au tiers payant a fortement progressé. Chez les généralistes, la part d’utilisation est passée de 68 % en 2021 à 88 % en 2023.

La tendance est similaire chez les spécialistes, avec un taux de 92 % en 2023, contre 86 % deux ans plus tôt. Les dentistes progressent également, bien qu’à un rythme plus lent : de 18 % en 2021 à 34 % en 2023. La hausse est particulièrement marquée chez les stomatologues, qui atteignent désormais 70 % d’utilisation du dispositif.

Un accès renforcé mais difficile à mesurer

L’objectif affiché du gouvernement était clair : éviter que des soins soient reportés pour des raisons financières. Selon le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, cette politique a contribué à une hausse du nombre de patients uniques chez les prestataires concernés entre 2021 et 2023.

Il reste toutefois difficile d’isoler l’effet direct du tiers payant de celui d’un rattrapage post-Covid dans les consultations. Des études ciblées, comme celle menée sur les soins dentaires, suggèrent néanmoins que la levée des interdictions a entraîné une consommation accrue. L’augmentation des dépenses totales en soins bucco-dentaires dépasse largement la tendance historique depuis 2022.

Une limite : les consultations sans réel besoin

Interrogé sur l’éventuel effet pervers du tiers payant — l’encouragement à consulter sans nécessité médicale — le ministre reconnaît que l’Inami ne dispose pas des moyens nécessaires pour vérifier l’existence d’un motif médical valable, faute d’accès aux diagnostics. Le suivi de ces consultations reste donc limité.

Le système s’installe comme un nouveau standard dans les soins ambulatoires, même si des ajustements restent à envisager pour en garantir la pertinence et l’équilibre.

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