Le congé-éducation payé fait son retour en Wallonie  : les employés peuvent bénéficier jusqu’à 3 641 euros 

Le congé-éducation payé wallon permet désormais à tout salarié de se former dans un nouveau domaine, avec un soutien financier pour l’employeur.

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Le congé-éducation payé fait son retour en Wallonie : les employés peuvent bénéficier jusqu'à 3 641 euros : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

A partir de septembre 2025, la Wallonie remettra en vigueur le congé-éducation payé, un dispositif suspendu ces dernières années et désormais réactivé avec un cadre défini et renforcé. Cette mesure permet aux salariés du secteur privé de suivre des formations tout en conservant leur salaire, dans une logique de développement des compétences individuelles. 

La relance du dispositif intervient dans un contexte économique tendu, marqué par des pénuries de main-d’œuvre qualifiée et des transitions professionnelles de plus en plus fréquentes. Le gouvernement wallon souhaite ainsi répondre aux besoins de requalification et de mobilité professionnelle, tout en maintenant l’équilibre entre intérêt individuel et fonctionnement des entreprises.

Une réactivation élargie du droit à la formation individuelle

Le congé-éducation payé permet aux salariés de s’absenter de leur poste pour suivre une formation reconnue, avec maintien de leur rémunération, dans la limite d’un plafond annuel brut de 3.641 euros pour l’année. Contrairement à d’autres dispositifs, la formation choisie n’a pas besoin d’être liée au métier exercé. Ainsi, un maçon peut s’inscrire à une formation de pâtisserie, à condition que celle-ci soit dispensée par un organisme reconnu.

Pour être éligible, la formation doit comporter au moins 32 heures de cours, en présentiel, explique Moustique. Les formations à distance, en e-learning ou en auto-apprentissage ne sont pas admises dans le cadre du congé-éducation. Ce choix vise à garantir un certain niveau d’engagement et de contrôle, en assurant la présence effective du salarié dans un cadre pédagogique structuré. Le nombre total d’heures de congé autorisé dépend du type de formation suivie, mais reste plafonné afin de préserver l’équilibre organisationnel dans les entreprises.

Les formations éligibles peuvent être suivies auprès de l’IFAPME, de l’enseignement de promotion sociale ou encore dans l’enseignement supérieur à horaire décalé. Ces options couvrent un large éventail de domaines, des compétences techniques aux études universitaires, en passant par les qualifications artisanales ou commerciales.

L’employeur est informé de la demande de congé, mais ne peut la refuser que dans des cas strictement définis, notamment en cas de perturbation grave du fonctionnement du service. Cette souplesse offerte au salarié est donc encadrée pour éviter des abus, tout en garantissant une autonomie dans le choix de la formation.

Un dispositif encadré et soutenu pour les entreprises

Afin de compenser l’absence du salarié, les entreprises peuvent introduire une demande de remboursement auprès du FOREM, qui prend en charge une partie des coûts. Ce remboursement est fixé à 21,30 € par heure d’absence, quelle que soit la rémunération effective du travailleur. Il ne s’agit pas d’un remboursement complet du salaire, mais d’un forfait visant à alléger le coût pour l’employeur.

Le Secrétariat social de l’UCM propose d’accompagner les entreprises dans leurs démarches administratives, depuis la constitution du dossier jusqu’à l’introduction de la demande de remboursement. Ce soutien est destiné à simplifier la gestion interne du dispositif, qui peut impliquer un suivi rigoureux : attestation d’inscription régulière, attestations de présence, respect des délais de transmission au FOREM, etc.

Cette relance du congé-éducation s’inscrit dans une logique de collaboration entre l’État, les travailleurs et les employeurs, où chaque partie a un rôle clairement défini. L’État définit le cadre et finance une partie du coût ; le salarié choisit sa formation et en assure l’assiduité ; l’employeur facilite l’accès au congé tout en maintenant son activité.

La mesure répond à des enjeux concrets sur le marché du travail wallon. Selon les dernières données du FOREM, plus de 70 % des entreprises déclarent rencontrer des difficultés à recruter dans des fonctions techniques ou spécialisées. En permettant aux travailleurs d’acquérir de nouvelles compétences en dehors de leur emploi actuel, le congé-éducation constitue un outil de reconversion particulièrement adapté aux exigences contemporaines.

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