Réforme du congé des aidants proches : quels changements attendus pour les familles belges ?

Le congé pour les aidants proches évolue en Belgique, mais des mesures jugées insuffisantes continuent de diviser majorité et opposition sur les solutions proposées.

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Congé des aidants proches revisité : quels changements attendus pour les familles belges ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le congé pour les aidants proches a été revisité à la Chambre cette semaine. Si une proposition visant à prolonger le droit aux allocations de chômage pour ces aidants a été rejetée, un projet de loi porté par le CD&V concernant l’allongement et la flexibilisation du congé a été adopté. 

Le congé pour les aidants proches est un dispositif qui permet aux travailleurs de s’occuper de leurs proches dépendants sans risquer de perdre leur emploi. Actuellement, ce congé est limité à trois mois pour une prise à temps plein et six mois à temps partiel. La nouvelle proposition de loi portée par Nahima Lanjri, du CD&V, vise à allonger la durée du congé, la faisant passer de trois à six mois maximum pour une même personne aidée.

Ce congé sera également fractionnable, non plus uniquement en mois, mais aussi en semaines, sous réserve de l’accord de l’employeur, explique Le Soir. L’objectif est de rendre le congé plus adapté à la réalité des travailleurs aidants. Beaucoup d’aidants proches ne peuvent pas se permettre de prendre un congé complet, car ils ont besoin d’une certaine flexibilité pour jongler entre travail et responsabilités familiales. La possibilité de fractionner le congé en semaines représente donc un progrès significatif.

Des mesures jugées insuffisantes par les associations

Si cette proposition de loi est perçue comme une avancée, certaines associations restent sceptiques sur son efficacité. L’ASBL Aidants Proches, qui milite pour des droits renforcés pour les aidants, estime que la solution n’est toujours pas suffisante. Selon l’organisation, le congé devrait être fractionnable par jour, et non uniquement en semaines. Les aidants, qui apportent un soutien quotidien et dont les besoins varient, se retrouveraient ainsi dans une situation plus adaptée à leur réalité.

Maxime Delaite, directeur de l’ASBL, insiste sur le fait qu’une ventilation du congé par jour est « la seule formule logique, efficace et adaptée » pour maintenir les aidants proches dans l’emploi tout en répondant à leurs besoins spécifiques. En effet, la charge de travail des aidants est variable et de courte durée, et un congé fractionné par jour permettrait d’éviter que ces derniers ne perdent leur emploi tout en continuant à soutenir leurs proches.

Reconnaissance du statut des aidants proches : un point de friction

Un autre point sensible de la proposition de loi concerne la reconnaissance du statut d’aidant proche. Le texte actuel prévoit que cette reconnaissance soit accordée pour un à deux ans, ce qui permet de réduire la bureaucratie et les charges administratives. Cependant, pour certaines pathologies lourdes et irréversibles, cette reconduction annuelle reste une contrainte inutile.

Pour les aidants qui s’occupent de proches atteints de pathologies chroniques, comme des handicaps graves ou des maladies dégénératives, l’obligation de renouveler le statut chaque année est perçue comme un manque d’empathie et de réalisme. L’ASBL Aidants Proches plaide pour que le statut devienne permanent pour les pathologies irréversibles, afin d’alléger la charge administrative et de reconnaître la réalité des familles concernées.

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