Depuis le début de l’année, une réforme silencieuse modifie le quotidien énergétique des ménages wallons. Le compteur bihoraire, longtemps considéré comme un bon plan, doit désormais être réévalué. Car tout dépend désormais du moment où l’on consomme.
Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, la réforme des heures creuses vise à mieux répartir la consommation électrique sur la journée. Les heures creuses, autrefois cantonnées à la nuit, sont désormais étendues de 22 h à 7 h, mais aussi, nouveauté, de 11 h à 17 h. Elles s’appliquent désormais sept jours sur sept. Les heures pleines, quant à elles, sont désormais concentrées entre 7 h et 11 h le matin, puis entre 17 h et 22 h en soirée, périodes traditionnellement plus tendues pour le réseau.
Ce réaménagement a pour objectif de pousser les consommateurs à reporter certaines utilisations vers des moments de moindre tension. Le but affiché est d’alléger la charge sur le réseau lors des pics de demande et d’encourager une gestion plus active des appareils électroménagers.
Le tarif impact modifie la facture d’électricité
Cette nouvelle répartition s’accompagne d’un changement du système de tarification. Baptisé « tarif impact », ce modèle introduit une variation du coût de la distribution d’électricité selon les heures de la journée. Les tarifs sont désormais découpés en plages très avantageuses, intermédiaires ou pénalisantes. En pratique, plus l’électricité est utilisée en soirée, plus elle coûte cher. Le message est clair : les ménages sont invités à repenser leurs habitudes de consommation.
Le mono-horaire reste plus intéressant que le bihoraire dans certains cas
Le compteur mono-horaire, qui applique le même tarif quelle que soit l’heure, n’est pas concerné par cette réforme. Il reste avantageux dans plusieurs cas, notamment pour les ménages équipés de panneaux photovoltaïques installés avant 2024. Dans ce cas de figure, le compteur tourne encore à l’envers, ce qui permet une compensation directe entre la production injectée et l’électricité consommée, sans tenir compte des plages horaires.
Selon la journaliste Caroline Sury, ces foyers ont tout intérêt à conserver leur compteur actuel, car ils bénéficient d’un équilibre favorable sans devoir ajuster leurs usages au fil de la journée, rapporte RTL Info.
Des économies possibles pour les profils adaptables
Pour les autres usagers, le compteur bihoraire peut rester un bon choix, à condition d’adapter ses pratiques. Un ménage qui parvient à concentrer l’essentiel de sa consommation pendant les heures creuses – notamment en milieu de journée ou durant la nuit – peut espérer une économie estimée à 14 % sur la facture annuelle. Mais cette réduction dépend de la capacité réelle à modifier son emploi du temps énergétique, ce qui n’est pas accessible à tous.








