Chômage : la Wallonie face à une hausse brutale du nombre de chercheurs d’emploi

Le Forem observe une nette hausse du chômage en Wallonie en 2025, avec plus de 257 000 chercheurs d’emploi et une tendance qui inquiète les acteurs de l’emploi.

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Chômage : la Wallonie face à une reprise brutale du nombre de chercheurs d'emploi. Crédit : FLEMAL | Econostrum.info - Belgique

Le chômage repart à la hausse en Wallonie, dans un contexte économique déjà tendu. Les derniers chiffres publiés soulèvent de nouvelles inquiétudes. Une évolution qui interpelle autant les autorités que les acteurs du marché de l’emploi.

Après plusieurs années de stabilisation, le marché de l’emploi wallon connaît une remontée sensible du chômage. En 2025, le Forem a enregistré 257 551 chercheurs d’emploi inoccupés en moyenne, soit 22 540 de plus qu’en 2024. Cela représente une augmentation annuelle de 9,6 %, qui ramène le taux global de chercheurs d’emploi inoccupés à 16,6 % de la population active.

Cette hausse est principalement liée à une évolution méthodologique introduite en 2022, qui maintient dans les statistiques une part importante des inscrits dits « librement ». Cette catégorie regroupe des personnes sans allocation mais toujours en recherche d’emploi. En excluant cet effet, l’augmentation annuelle se limite à 3,9 %, ce qui reste notable dans un contexte économique fragile.

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Source : Econostrum

 

La part des inscrits librement bondit

Le nombre de chercheurs d’emploi librement inscrits a fortement progressé, atteignant en moyenne 78 868 personnes sur l’année. Cela représente désormais 30,6 % de l’ensemble des inscrits, contre 25 % l’année précédente. La hausse sur un an est de 25,2 %, soit 15 855 personnes supplémentaires, rapporte Le Soir.

Les demandeurs d’allocations restent le groupe le plus important, avec 120 530 personnes, soit 48,6 % du total. Les jeunes en stage d’insertion représentent 11,6 % des inscrits, tandis que les demandeurs obligatoirement inscrits constituent 11 %.

Le vieillissement et la réforme des retraites comme facteurs aggravants

La hausse du chômage s’explique aussi par des facteurs démographiques et structurels. Depuis le 1er janvier 2025, l’âge légal de départ à la retraite est passé à 66 ans. Cette réforme a mécaniquement maintenu plus longtemps sur le marché du travail des personnes en fin de carrière, dont une part non négligeable figure désormais dans les statistiques de recherche d’emploi.

Cette évolution complexifie la lecture des données, car elle concerne une population plus âgée, souvent plus éloignée de l’emploi durable. Pour le Forem, cette situation nécessite un suivi renforcé et des mesures d’accompagnement spécifiques.

Une dynamique du chômage à surveiller 

Même si une partie de cette hausse est liée à des ajustements techniques, la tendance générale reste préoccupante. La croissance économique modérée, combinée à des tensions persistantes dans certains secteurs, continue de freiner les embauches. Le Forem souligne l’importance de politiques ciblées pour maintenir l’insertion des publics les plus fragiles, notamment les jeunes, les demandeurs de longue durée et les seniors.

Dans ce contexte, les perspectives pour 2026 restent floues. L’évolution du chômage dépendra en grande partie de la capacité des acteurs publics à adapter leurs outils à un marché du travail en mutation.

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