Une étude de l’Université d’Anvers remet en question les objectifs du gouvernement belge concernant l’écart entre les revenus du travail et du chômage. Selon les chercheurs, cet écart existe déjà largement pour la majorité des chômeurs.
Le gouvernement belge souhaite qu’à la fin de la législature, la différence entre les revenus du travail et ceux du chômage atteigne au moins 500 euros nets par mois. Toutefois, l’étude publiée par De Standaard montre que 9 chômeurs sur 10 bénéficieraient déjà d’un écart supérieur à ce chiffre en retrouvant un emploi à temps plein. L’étude révèle que 7 chômeurs sur 10 gagneraient plus de 1 000 euros nets supplémentaires chaque mois en retrouvant un travail, et 1 sur 5 verrait cette différence dépasser les 2 000 euros.
En moyenne, un chômeur percevant des allocations augmenterait son revenu de 928 euros nets mensuels, tandis qu’un bénéficiaire du revenu d’intégration toucherait 838 euros de plus. Cette étude remet donc en question la pertinence de l’objectif gouvernemental de creuser l’écart. Pour la grande majorité des chômeurs, ce fossé existe déjà et dépasse largement l’objectif des 500 euros.
Les exceptions qui freinent la reprise d’emploi pour les personnes au chômage
L’étude ne nie pas la réalité des profils à risque, pour lesquels la reprise d’un emploi ne s’avère pas toujours avantageuse. Les mères célibataires ou les familles dépendantes de l’aide sociale sont les plus touchées par ces obstacles. Dans leur cas, les frais de garde d’enfants, de transport ou encore la perte d’allocations complémentaires peuvent réduire l’incitation à retourner au travail, malgré les gains financiers qu’une reprise d’emploi pourrait offrir.
Ces difficultés sont particulièrement présentes dans les foyers où l’accès à des aides sociales est crucial pour assurer un équilibre financier. Pour ces personnes, l’impact d’un emploi peut être diminué par des coûts supplémentaires, créant ainsi un frein à la reprise d’activité.
L’impact sur la politique gouvernementale
Le gouvernement a mis en place des réformes pour inciter les chômeurs à revenir sur le marché du travail, mais l’étude suggère que ces mesures doivent être adaptées pour prendre en compte les profils vulnérables. Tandis que l’objectif de réduire la dépendance au chômage est nécessaire, l’étude souligne l’importance de rendre l’emploi plus accessible et plus rentable pour tous, notamment pour ceux qui rencontrent des obstacles spécifiques.








