À partir du 13 septembre, l’ONEM (Office national de l’emploi) commencera à adresser des lettres d’avertissement aux demandeurs d’emploi, annonçant la fin imminente de leur droit aux allocations de chômage. Cette démarche fait suite à la réforme fédérale des allocations de chômage, entrée en vigueur récemment, et touchera d’abord les bénéficiaires les plus longtemps indemnisés.
Progressivement, les autres catégories d’allocataires seront également concernées par cette mesure, avec des dates d’envoi échelonnées jusqu’à novembre 2025. Ce processus marque un tournant dans la politique d’indemnisation en Belgique, avec des conséquences pour de nombreux travailleurs, dont une partie importante d’artistes et de travailleurs précaires.
La réforme fédérale et ses conséquences immédiates
La réforme des allocations de chômage, mise en place par le gouvernement fédéral belge, a pour but de limiter la durée des indemnités de chômage en fonction de la durée totale de chômage accumulée au cours de la carrière d’un demandeur. À partir du 13 septembre 2025, les premières lettres d’avertissement seront envoyées à environ 10 700 demandeurs d’emploi, principalement ceux ayant plus de vingt ans d’indemnisation. Ces bénéficiaires perdront leur droit aux allocations de chômage à partir du 1er janvier 2026, une décision qui affectera durement des travailleurs dont l’accès au marché du travail reste incertain.
En outre, une autre tranche de la population sera concernée par la réforme à partir de la mi-septembre 2025. Environ 18 100 demandeurs d’emploi bénéficiant d’allocations d’insertion se verront également notifier la fin prochaine de leur droit, prévue pour le 1er janvier 2026, rapporte Sudinfo. Ces travailleurs, qui touchent des allocations d’insertion, devront également se préparer à un changement radical dans leur situation financière, car leur droit sera supprimé si leur période d’insertion dépasse un an.
La réforme s’étendra ensuite à d’autres catégories d’allocataires. Une deuxième vague de lettres d’avertissement, prévue pour la mi-octobre 2025, touchera les demandeurs d’emploi ayant entre huit et vingt années de chômage accumulées. Ils perdront leur droit au chômage à partir du 1er mars 2026. Enfin, une troisième vague, prévue pour la mi-novembre 2025, concernera les demandeurs ayant accumulé moins de huit années de chômage, avec une perte des allocations programmée pour le 1er avril 2026.
Cette révision des droits aux allocations de chômage s’inscrit dans un contexte économique complexe, où la précarité et l’intermittence du travail sont des réalités croissantes pour de nombreux secteurs, en particulier dans le milieu artistique. Les travailleurs ayant des parcours professionnels irréguliers, comme les artistes ou les travailleurs précaires, risquent de se retrouver sans soutien financier. En effet, pour ces travailleurs, il est souvent difficile de maintenir une continuité suffisante dans leur emploi pour satisfaire aux critères d’éligibilité définis par la réforme.
Une réforme qui suscite des critiques et des inquiétudes
La réforme des allocations de chômage et l’envoi des lettres d’avertissement de l’ONEM font déjà l’objet de vives protestations, notamment de la part des syndicats et des associations de travailleurs. Ces derniers soulignent que la mesure pourrait pénaliser des milliers de travailleurs qui ont connu des carrières professionnelles souvent marquées par des périodes d’incertitude, de contrats précaires ou d’intermittence, des caractéristiques particulièrement fréquentes dans le secteur artistique.
Les syndicats, notamment la FGTB et la CSC, appellent à une révision de la réforme pour mieux prendre en compte la spécificité de certains métiers, comme ceux des artistes et des travailleurs indépendants, qui n’ont pas la possibilité de cumuler des années d’indemnisation sans interruption. Ces travailleurs, souvent autonomes, voient leur situation fragilisée par les conditions d’éligibilité très strictes imposées par l’ONEM. Selon plusieurs experts du secteur culturel, cette politique pourrait entraîner une réduction de l’accès aux allocations pour des centaines d’artistes et de créateurs, nuisant à la diversité culturelle belge.
Les parlementaires et les élus de la gauche ont également exprimé leurs préoccupations concernant l’impact de cette réforme sur la cohésion sociale et la diversité culturelle. Selon eux, cette décision pourrait entraîner une diminution de la production artistique en Belgique, en réduisant le nombre de professionnels capables de vivre de leur art. Plusieurs propositions ont été avancées pour instaurer un système de sécurité sociale plus adapté aux réalités du secteur culturel, notamment par le biais d’un système plus flexible qui tiendrait compte des périodes de travail irrégulières.








