Chômage en Belgique : la réforme de 2026 va-t-elle aggraver la crise de l’emploi ?

La réforme du chômage en Belgique, prévue pour 2026, pourrait aggraver les difficultés d’accès à l’emploi pour ceux qui en sont privés.

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Chômage en Belgique : la réforme de 2026 va-t-elle aggraver la crise de l'emploi ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

À partir du 1er janvier 2026, une nouvelle réforme du chômage entrera en vigueur en Belgique, mettant fin à l’indemnisation prolongée de certaines catégories de chômeurs. Pour beaucoup, notamment en Wallonie, cette échéance soulève des inquiétudes : le marché de l’emploi est-il prêt à accueillir cette vague de demandeurs d’emploi ?

L’objectif du gouvernement fédéral, en limitant les allocations de chômage dans le temps, est de pousser les chômeurs à trouver un travail. Cependant, les données actuelles du marché de l’emploi suggèrent que cette mesure pourrait être contre-productive, tant la situation reste fragile.

En Wallonie, la majorité des offres d’emploi disponibles proviennent du secteur intérimaire. En 2025, près de 47% des offres proposées par le Forem concernent des emplois temporaires. Cette tendance, qui a diminué par rapport à l’année précédente, reflète une instabilité de l’emploi à long terme. Les autres secteurs, plus stables, connaissent une baisse de 10 à 20% des opportunités, un phénomène inquiétant pour ceux qui cherchent un emploi durable.

Des emplois précaires et peu accessibles

Les secteurs comme les titres-services, qui ont longtemps été moteurs d’emplois stables, connaissent également un déclin. Selon Philippe Defeyt, économiste belge, l’érosion du nombre de postes dans ce secteur se poursuit, ce qui limite encore les choix disponibles pour les demandeurs d’emploi. Par ailleurs, des emplois tels que les flexi-jobs ou les postes étudiants, qui sont en croissance, ne peuvent être occupés que par des personnes déjà en emploi, excluant ainsi ceux qui sont justement les plus vulnérables.

L’augmentation des travailleurs âgés de 65 ans et plus, qui occupent des postes autrefois réservés à une population plus jeune, aggrave encore les perspectives pour les chômeurs. De plus, avec des suppressions de postes attendues dans divers secteurs, la situation semble de plus en plus difficile. La mise à la retraite tardive et l’augmentation des demandeurs d’emploi ajoutent une pression supplémentaire sur un marché déjà saturé.

Une réforme du chômage aux conséquences incertaines

La réforme du chômage, bien que justifiée par des objectifs d’incitation à l’emploi, pourrait se heurter à la réalité d’un marché du travail peu dynamique. Les personnes exclues des allocations se retrouveront dans une compétition acharnée pour des emplois précaires et mal rémunérés, rendant leur retour dans le monde du travail d’autant plus compliqué. La réforme, en l’état, ne semble pas offrir de solutions suffisantes pour soutenir ceux qui en auront le plus besoin.

 

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